Home > Santé > Une médecine pour la Vie (I)

Gaby tient la salle d’attente de son époux Thomas, médecin généraliste à Vienne. Elle nous partage l’amour de son travail et sa passion pour la Vie. Terre de compassion vous offre ce beau témoignage afin de célébrer la fête des Saints Innocents.

 

 
Peinture accrochée dans la salle d’attente

 

 

A quoi ressemble votre travail en salle d’attente?

 

Il y a plusieurs aspects : d’une part l’aspect logistique et administratif et d’autre part, la partie humaine.  Celle-ci consiste à comprendre la disposition dans laquelle arrive le patient. Les personnes qui viennent dans un cabinet de consultation ne viennent pas pour pique-niquer. Ils viennent car ils sont malades et veulent quelque chose. Quelque chose leur fait mal et ils ne savent pas ce qu’ils ont. Ils veulent une solution pour continuer à aller travailler, pour continuer à vivre normalement. Par conséquent, la règle n.1 que je demande à tous mes assistants d’observer, c’est qu’il faut traiter les patients avec beaucoup de patience, et essayer de les comprendre. Parfois ils arrivent de mauvaise humeur et sont désagréables, c’est parce qu’ils ont mal ! Parfois ils arrivent en sachant qu’ils ont un grave problème de santé mais sans savoir quoi faire et cette incertitude fait que ces personnes arrivent avec un état émotionnel altéré, ils peuvent être très tristes ou très énervés, et souvent ils sont très impatients.

 

En étant le plus aimables possibles, nous leur faisons sentir que nous sommes la première étape préparatoire en vue de rentrer chez le docteur. Nous les enregistrons, nous leur demandons de nous expliquer ce qu’ils ont, pour voir de quoi ils ont besoin. Nous pouvons ainsi nous faire une première idée de ce qu’ils ont besoin de faire, par exemple une analyse d’urine. Ou si je les vois arriver avec un visage très rouge et de forts maux de tête, je mesure immédiatement la pression sanguine. Je prends leur température si je les sens fébriles et je les couche sur un lit en attendant. Je peux ainsi prévenir mon mari des circonstances de chacun et il est important de savoir dans quel état vient la personne. Si le patient me dit qu’il a mal au bras gauche avec des douleurs à la mâchoire, cela peut être un signe d’infarctus. Il faut alors agir très rapidement.

 

Dans ce premier contact, où la gentillesse est essentielle, nous essayons de les connaitre : leur nom et leurs coordonnées bien sûr d’abord, mais j’essaye aussi de leur enlever leur angoisse, de faire quelque chose pour leur redonner un peu de tranquillité, afin qu’ils ne soient pas si préoccupés et inquiets.

 

Et qui sont vos patients ?

 

Notre cabinet est très international car nous avons des patients qui viennent du monde entier, mais surtout d’Europe centrale. D’Autriche naturellement mais aussi de Hongrie, de Slovaquie, de Roumanie ou encore de Pologne, mais nous en avons même de Mongolie ! Nous avons décidé dès le départ que notre cabinet serait international car nous parlons plusieurs langues, allemand, hongrois, espagnol, anglais… Je parle aussi l’arabe et du coup nous avons donc pas mal de patients de langue arabe. Les gens ont commencé à nous connaitre surtout depuis 2015, lorsque la vague de migrants est arrivée en Autriche, car je peux servir d’interprète avec le docteur. Nous avons donc commencé à avoir des patients qui viennent de pays en guerre et savoir leur origine peut aider à savoir comment les traiter, car il y en a qui ont subi beaucoup de souffrances. Quand ils entrent dans le cabinet et me voient dans l’entrée en les accueillant, ils ont immédiatement une confiance absolue, ce qui constitue une grande responsabilité. Car tu dois savoir d’abord comment garder une grande discrétion et qu’ils sachent, tandis qu’ils se confient, que tu peux peut-être les aider. 

 

 

Vous vous dites attachés à la vie…

 

En effet en raison de notre foi, nous défendons la vie et non la mort et il y a donc des règles très strictes. Par exemple, nous n’aimons pas promouvoir des pratiques telles que la recommandation d’endroits où faire un avortement ou de donner des références à ce type d’activités qui promeuvent une culture de mort. J’ai souvent eu des cas de jeunes filles qui sont venues préoccupées par une grossesse non désirée. « Je pense être enceinte et je ne sais pas quoi faire ». J’essaie, au lieu de prendre la solution de facilité et de leur dire qu’elles peuvent avorter, je leur dis qu’il faut d’abord regarder leur état de santé et vérifier si elles ont toutes les vitamines nécessaires pour être une maman en bonne santé. Elles réagissent souvent apeurées. « Mais je ne veux pas de bébé ». « Oui, mais c’est peut-être déjà un fait et il faut te préparer pour que tu soies bien et que ton bébé naisse dans de bonnes conditions». Lorsqu’elles rentrent chez mon mari, ces jeunes femmes ont pris la décision d’avorter et dans beaucoup de cas, il leur explique, en tant que médecin, toutes les conséquences physiologiques, ou psychologiques, d’une telle décision. Grâce à Dieu, Thomas réussi souvent à les dissuader. Dans de rares cas néanmoins, il ne parvient pas à les convaincre et ces jours-là, il rentre comme en état de deuil. Il me dit alors qu’il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour la dissuader mais la jeune femme est repartie avec la même résolution d’avorter. Malgré tout ce qu’il avait dit et son refus de donner le moindre renseignement sur les endroits où elle pourrait avorter, il ne sait pas s’il a réussi à la convaincre de respecter la vie de son enfant. Il me dit alors : « prions pour que cela n’arrive pas ».

 

Marie joue un rôle bien spécial ?

 

Nous portons toujours ce souci particulier de sensibiliser les femmes enceintes qui viennent nous voir à la beauté de la maternité et de leur apprendre à aimer et à accueillir ce bébé qui va venir au monde. Un jour où nous étions à Medjugorje, nous sommes tombés sur un tableau représentant la Vierge. Cette peinture nous a saisis car en réalité c’est simplement l’image d’une femme très belle embrassant un bébé. Et c’est tellement beau que l’on ne peut pas ne pas être ému en la voyant. On peut y voir une femme mais aussi la Vierge Marie. Quand nous l’avons vue, Thomas et moi, nous avons immédiatement pensé qu’elle était destinée à notre cabinet. Nous étions sûrs qu’en voyant cette image, les jeunes filles qui veulent faire quelque chose contre leur bébé y repenseront à deux fois avant de le faire ». Nous l’avons donc achetée et ramenée avec nous à Vienne et nous l’avons accrochée dans la pièce où nous mettons les deux personnes qui sera les prochaines à être reçues par mon mari. Et elles se retrouvent assises face au mur où cette image de la Vierge est accrochée. Et plusieurs fois – quatre où j’en suis sûre – des personnes qui sont venues vers moi et m’ont demandé d’où venait cette peinture. J’ai répondu que c’était un peintre de Bosnie-Herzégovine, sans mentionner Medjugorje. Et une de ces femmes m’a dit qu’en voyant cette peinture, elle ne pouvait rien faire contre son enfant. C’est beau de voir cela. A aucun moment, je n’ai fait référence au fait que c’était la Vierge et l’Enfant Jésus. Mais je lui dis qu’elle sera sûrement comme cela avec son propre bébé. Et elle m’a alors dit qu’elle comprenait maintenant. Elle s’est rassise puis est entrée quelques instants plus tard chez Thomas. Elle est revenue plus tard nous voir avec son bébé. Quelle joie ce fut pour nous de voir qu’elle a gardé et accepté l’enfant.

 

A une autre occasion, il nous est arrivé quelque chose de très curieux. Un monsieur est venu et nous a dit : « Savez-vous que c’est la Mère de Jésus ? Savez- vous que dans l’Islam, Jésus est un prophète ? ». J’ai répondu que je savais mais que pour nous il était le fils de Dieu et qu’Il a tant aimé nous et le monde qu’Il nous l’a donné et Il a choisi une femme très belle pour être sa mère, la Vierge Marie. Et il m’a dit qu’il allait photographier le tableau pour en faire un autel chez lui, à la maison. Et pour moi aussi, ce fût une grande joie de voir que la Vierge à travers cette représentation peut produire un tel effet, en donnant son message d’amour et son témoignage.

 

Propos recueillis par Marie-Isabelle Schallenberg

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