Home > Dossier chants de Noël > Chant de Noël dans le Tyrol

Si la liturgie byzantine avec ses « terirem », chante les babillements d’une berceuse de la Sainte Mère de Dieu, les montagnes du Tryol ont peut-être recueilli, sous les étoiles, la douceur et la mélancolie d’un écho de la voix de St Josef : « Dio, dio-ri-ri jo-e dio-i-ri ».

 

Photo : Source

 

Dans la nuit du 24 décembre 1830, les voûtes de l’église de Sterzing, dans les Alpes centrales aujourd’hui situées en Italie, ont été remplies par cet Andachtsjodler. On pourrait traduire le titre de cette pièce si populaire par « Jodel méditatif » ou encore « vocalises pour l’oraison ».

Le jodel est un chant des Alpes qui se caractérise par un passage fréquent d’une voix de poitrine à une voix de tête. Il pouvait autrefois servir à communiquer à distance ou à encourager le bétail. Il était propre à exprimer les élans de l’âme devant la majesté de la création.

Il existe plusieurs variantes de ce chant typique des vallées du Tyrol du sud. Traditionnellement interprété par un chœur d’homme, il prolongeait celui des petits bergers dans la représentation de la crèche au cours de la messe de minuit. Il fut popularisé par Annette Thomas dans sa Deutschen Bauernmesse (1933) puis par le fameux concert de l’Avent de Salzbourg. Partout en Autriche, les chefs de chœurs aiment à faire participer le public à ce moment si attendu.

Quoi qu’il en soit, en l’entendant ce soir-là, les montagnes alentours se sont mises à respirer plus calmement. On dit qu’une larme a perlé dans les hauteurs.

En voici une version interprétée par les Ostiroler Viergesang  :

 

 

On n’écoutera pas non plus sans émotion les Petits chanteurs de Saint Florian :

 

 

Dans les paroisses du Tyrol, on trouve parfois la partition accompagnée d’un court poème datant du début du 20ème siècle. Ces vers anonymes expriment avec justesse la méditation solitaire de l’âme des montagnards, toute emprunte d’une mélancolie consolée par la divine Présence :

« Heut’ in der Nacht / Hab’ ich hoch am Berg gewacht…
Tôt dans la nuit, j’ai veillé sur la montagne, car là-haut, je peux être seul avec le Seigneur Dieu.
Tôt dans la nuit, sur la montagne, j’ai pensé : notre monde serait triste et désolé s’il n’y avait pas le Seigneur Dieu.
Tôt dans la nuit, j’ai ouvert mon cœur et j’ai parlé au Seigneur de la souffrance dans le monde.
Tôt dans la nuit, il m’a consolé comme un ami. En bas repose la vallée silencieuse, là-haut, les étoiles sans nombre… »

Il y a de la souffrance dans le monde. Il y a de la beauté. Marie. Tout est un peu mélangé. Ce soir on est grave. Est-ce de la tristesse ? On est heureux pourtant… Chut !… Il ne faut pas réveiller l’Enfant…

Vous aimerez aussi
Răsăritul cel de sus
« Cachuas Navideñas », joyaux de la musique baroque péruvienne
La véritable royauté
De tout cela sortira un miracle