Home > Fioretti > Quand une musulmane témoigne de sa foi en la Vierge Marie

Quand une musulmane témoigne de sa foi en la Vierge Marie

A l’occasion du mois d’octobre dédié à Notre-Dame du Rosaire, la chaîne de télévision MTV a présenté un documentaire consacré aux différents lieux dans le monde où la Vierge Marie est vénérée. Nous retranscrivons sur Terre de Compassion une intervention émouvante de Madame Maliha el Sader, musulmane chiite et fille de l’Imam Moussa El Sader 1)L’Imam Moussa El Sader est un philosophe et dirigeant religieux chiite libanais né dans la ville de Qom en Iran le 15 mars 1928 et porté disparu le 31 août 1978 lors d’une visite officielle en Libye. Il a oeuvré tout le long de sa vie pour la modération, la justice sociale et le dialogue entre les communautés chrétiennes et musulmanes où elle témoigne en toute simplicité de sa foi et son amour de la Vierge Marie.

 

Photo prise du documentaire (MTV)

 

“Depuis mon enfance, j’ai des photos prises ici, sur cette place du sanctuaire Marial de Notre-Dame du Liban – Harissa. Je me rappelle que petite, quand nous avions des amis qui venaient nous visiter de l’étranger, ma mère les emmenait toujours ici, dans ce sanctuaire. Et moi, bien sûr, étant enfant, je l’accompagnais toujours lors de ces visites. Bien sûr, à l’époque, étant petite, je ne comprenais pas tout le sens de ce lieu où je me trouvais. Mais ma relation avec la Vierge a commencé à ce moment-là, sur cette place du sanctuaire. Pour moi, le fait que ma mère emmène à cet endroit tous nos amis, de toutes les religions, signifiait que ce lieu est un lieu qui a pour vocation de rassembler, d’unifier. Et cette expérience du début a continué à grandir tout au long de ma vie. Plus je grandis, plus l’importance de la Vierge Marie grandit dans ma vie et plus ma prière à la Mère devient profonde. Le début de ma relation avec la Vierge date de mon enfance, mais je commence seulement maintenant à me rendre compte de sa véritable portée sur ma vie, de son sens. 

 

Maliha el Sader accompagnant sa maman au sanctuaire marial. Photo prise du documentaire (MTV)

 

Je viens dans ce lieu pour intercéder et recevoir la force de la Vierge. Je viens pour me réfugier tout simplement sous son manteau, lui demandant la grâce de la patience. Je viens pour apprendre de l’exemple de sa vie, la patience. Je ne peux pas dire que quand je lui parle, je lui demande d’une façon directe ou insistante ce que je veux, mais, de Notre-Dame Mariam, – que sur Elle soit la paix –  j’apprends plutôt à écouter. Le mystère que je souhaite comprendre toujours mieux chez Elle, c’est son écoute et la remise de sa vie, de son être à Dieu. Je veux dire par cela tout ce qui lui a été demandé dans sa vie et la manière dont Elle l’a reçu, vécu dans son cheminement, sans rien refuser, et dans une paix si profonde. D’après ce que je lis dans le Coran et les enseignements religieux, la Vierge me bouleverse toujours par sa patience et sa confiance, remettant sans cesse sa vie à Dieu. La véritable force en Dieu et la capacité d’écoute qui ont caractérisé la vie de la Vierge me poussent à venir ici lui rendre visite et regarder son exemple, l’écoutant à mon tour. Et à chaque fois je suis très émue de voir la rapidité avec laquelle Elle répond à ma prière, comme si Elle m’attendait.

Ma famille a toujours vécu cette expérience-là avec la Vierge, pas simplement parlé d’Elle. Je me rappelle que quand j’étais petite, à la maison nous n’avons jamais cherché à vivre notre rapport ou notre foi dans la Vierge Marie d’un point de vue intellectuel, mais c’était très simple, comme une évidence pour nous, une expérience que nous reconnaissions avec une grande simplicité. Ce n’était pas une expérience que nous provoquions humainement , mais que nous recevions en toute simplicité. Et à chaque fois qu’on tombe dans cette tentation de provoquer ou maîtriser humainement une relation, il nous faut revenir à la vie des Saints pour qu’ils nous le rappellent. Ces saints et ces gens qui nous tirent vers le haut par l’exemple de leur vie. 

Je souffre quand je vois toutes ces tensions entre les religions aujourd’hui, mais cela ne me plonge pas dans le désespoir car pour moi ces tensions se placent au niveau superficiel, et ne définissent pas profondément les personnes. Plus on est tiré vers le haut par notre foi, plus la foi s’enracine en nous et s’approfondit, plus elle nous unit et fait grandir nos coeurs. Dieu ne peut jamais diviser, comment pourrions-nous oser diviser en Son Nom? »

 

Sanctuaire Marial Notre Dame du Liban – Harissa 

References   [ + ]

1. L’Imam Moussa El Sader est un philosophe et dirigeant religieux chiite libanais né dans la ville de Qom en Iran le 15 mars 1928 et porté disparu le 31 août 1978 lors d’une visite officielle en Libye. Il a oeuvré tout le long de sa vie pour la modération, la justice sociale et le dialogue entre les communautés chrétiennes et musulmanes
Vous aimerez aussi
Le cri de l’Archevêque de Damas : « Que les enfants viennent à Moi … »
Cardinal Sarah: “Un homme à genoux fait trembler l’orgueil de Satan” ( II )
Cardinal Sarah: “Un homme à genoux fait trembler l’orgueil de Satan” ( I )
Tur Levnon ( III ) : retour à la source de la langue syriaque