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« Marie notre capitaine et notre guide » : L’Uruguay renouvelle sa consécration à la Virgen de los treinta y tres

Sur le parvis de la Cathédrale de Florida, sous le soleil brûlant de l’Uruguay, se sont rassemblés le dimanche 10 Novembre une dizaine de milliers de visages. Ils viennent de tous les coins du pays, appartiennent à toutes les classes sociales, représentent toutes les générations. Certains ont fait plusieurs heures de Bus, d’autres plusieurs jours de marche pour venir en pèlerinage sur ce lieu si important pour l’Église d’Uruguay. En effet, cette année va être renouvelée la Consécration du pays à la « Virgen de los treinta y tres » faite par Jean Paul II en 1988. Ces 10 000 Uruguayens se tiennent maintenant à genoux devant la Cathédrale et prononcent avec le Cardinal Daniel Sturla « Protégez-nous, Bénissez-nous, Montrez-nous Jésus, le fruit béni de vos entrailles. L’Uruguay a besoin de votre Fils Vierge Marie »

 

 

Même le plus noir nuage a toujours sa frange d’or

Alors que l’Amérique est en train de traverser une période douloureuse de son histoire. Que de part et d’autres du continent se succèdent les drames exprimant et générant la souffrance du peuple latino-américain. Alors que la Bolivie flirte avec la guerre civile, que l’Argentine vit un autre traumatisme politique. Alors que les violences se multiplient en Equateur et qu’au Chili le peuple saccage les rues. Alors que notre Eglise est ébranlée par les scandales et que l’obscurité de l’actualité du continent n’est plus à dépeindre, il semble utile, essentiel, voire vraiment vital de souligner également les grâces qui fleurissent au milieu de ces tempêtes.

L’Uruguay est connu pour être le pays le plus laïc du continent avec l’un des peuples les plus athées du monde. Et c’est dans ce contexte de trouble continental qu’il a choisi de venir chercher auprès de la Vierge « un nouveau souffle pour son Eglise, l’espérance d’une annonce plus vigoureuse de l’Evangile, la joie et la paix de son peuple pour la victoire du Christ sur sa terre ». 1)extrait de l’homélie du Cardinal Le symbole n’était pas faible quand, touchés de plein fouet par la crise de l’Église, témoins des souffrances de ses voisins, les catholiques d’Uruguay ont commencé au début octobre le chemin de renouvellement de la Consécration du pays. Chemin qui s’est achevé ce dimanche par une messe sur le parvis de la Cathédrale de Florida.

« En t’appartenant Vierge Marie nous sommes plus libres, plus fidèles, plus saints » disait Saint Jean Paul II

Cet évènement fait mémoire des racines catholiques qui fondent l’histoire de l’Uruguay, aujourd’hui plus ou moins ignorées. C’est en effet à Florida, qu’a été signée la déclaration d’indépendance de l’Uruguay par les « 33 orientaux » qui s’étaient alors placés sous la protection de la Vierge Marie. Le pays s’est ensuite peu à peu laïcisé et l’Église s’est progressivement enfoncée dans une discrétion un peu trop appuyée. L’histoire prend un nouveau virage quand en 1987, le Brésil et l’Argentine font appel au Pape Saint Jean Paul II pour régler un conflit. Celui-ci choisit alors l’Uruguay comme pays neutre pour accueillir la signature du traité de paix. Marqué par cette nation, le Pape revient en Uruguay l’année suivante, lors de son voyage apostolique. C’est lors de sa visite qu’il se rend à Florida, berceau de la dévotion à la « Virgen de los treinta y tres », pour consacrer le pays à la Vierge. Son passage laisse au pays une nouvelle trace visible de ses racines chrétiennes, l’une des rares qui subsistent encore aujourd’hui après 30 ans de laïcisation intense 2)Dans Montevideo, il ne subsiste aucun symbole chrétien, aucune croix, si ce n’est celle rappelant le passage de Jean Paul II en 1988. Il avait fait promettre au Gouvernement de ne pas la retirer, elle fait figure aujourd’hui de symbole diplomatique . Ces dernières années, conscients de la situation, le Cardinal Sturla et les évêques d’Uruguay ont multiplié les initiatives pour raviver ce lien si précieux du pays à la Vierge. La rénovation de la Consécration du pays a donc revêtu une importance toute particulière pour l’Église Uruguayenne.

 

La Virgen de los Treinta y Tres, Patronne de l’Uruguay

 

Les sous titres de cette « nouvelle Consécration »

Le Cardinal Daniel avait alors les mots suivants pour les pèlerins rassemblés pour l’occasion : « Aujourd’hui nous ne pouvons pas attendre les bras croisés que les gens viennent à nous, nous devons sortir, être une Eglise missionnaire. Aujourd’hui il ne s’agit pas d’être nostalgique de nos racines chrétiennes, mais d’apporter à l’Uruguay, avec une énergie renouvelée, la vérité qui nous a faits libres : l’annonce du Christ » (…). « Il y a les libertés politiques, les libertés sociales, mais plus important encore, il y a la liberté intérieure, celle que nous vivons en cherchant la vérité ; que nous trouvons dans le Christ, Seigneur de l’histoire et dans l’Église qu’il a fondée : La vérité nous rendra libres dit le Seigneur ». Il a exhorté ses fidèles à se faire témoins du Christ en cette période qui en a tant besoin, dans ce pays qui compte si peu de pratiquants : « La priorité pour nous, le service le plus utile à nos frères, la chose la plus concrète que nous pouvons réaliser, notre tâche la plus urgente, est de révéler la présence de Dieu, Le rendant ainsi accessible à chacun. Non pas comme un dieu quelconque, mais comme un Dieu qui s’est fait homme dans le sein de Marie, un Dieu dont nous reconnaissons le visage en l’amour total, en Christ crucifié et ressuscité »

Au cœur de la célébration, le cardinal donna une homélie dense et sincère qui fut l’un des moments forts de cette journée. Après avoir rappelé l’histoire de la Consécration par Jean Paul II (rapportée plus haut) et s’être adressé aux pèlerins, il a tenu à rendre un hommage particulier aux prêtres uruguayens venus en nombre 3)plus de 140 pour la célébration, avec la quasi-totalité des évêques pour la célébration : « Je ne peux m’empêcher de demander un grand applaudissement pour les prêtres et évêques. Il n’est pas facile d’être prêtre aujourd’hui, Il n’est pas facile d’être prêtre en Uruguay… ». En prononçant ces mots, le cardinal Daniel fut gagné par l’émotion et sa voix se brisa quelques instants… Le silence gorgé de compassion qui suivit ce moment traduisit une prise de conscience plus forte de la difficulté de la mission des prêtres Uruguayens. Le bref moment de grande émotion de cet homme emblématique fut comme un rappel que cet évènement ne pouvait en rester là, car au-delà de ce renouvellement de la Consécration, l’Uruguay demeure une terre de mission où la foi chrétienne est soumise à rude épreuve.

Le cardinal eut donc également un mot pour les Missionnaires :« À ces frères et sœurs, laïcs, consacrés et prêtres qui ont quitté leur terre pour venir ici, sur cette terre, dans cette Eglise : La Virgen de los treinta y tres, sans aucun doute, les adopte comme fils (…) MERCI au nom du peuple oriental 4)nom du peuple uruguayen, étant à « l’orient » du continent ». Intention qui toucha tout droit l’âme des 4 membres de Points Cœur présents dans la foule, accompagnant leur paroisse et leur apostolat.

 

 

Une Consécration nationale pour une conversion personnelle et une communion universelle

Les formules suivantes furent donc prononcées à l’issue de la célébration, consacrant l’Uruguay mais s’adressant également à chacun d’entre nous, où que nous soyons, de manière personnelle : « Vierge Marie, nous voulons représenter tous tes enfants qui croient en ton fils et qui t’aiment, mais aussi avec respect nous souhaitons représenter aujourd’hui tous ceux qui vivent sur cette terre, croyants et non croyants, Gouvernement actuel et futur 5)En novembre a lieu le second tour des élections présidentielles (…) Aujourd’hui, comme la Vierge, nous voulons aller, visiter, porter Jésus dans nos cœurs et le mettre en lumière dans la vie de nos amis et famille, de nos voisins et collègues, dans notre société... ».

La scène est nôtre !

References   [ + ]

1. extrait de l’homélie du Cardinal
2. Dans Montevideo, il ne subsiste aucun symbole chrétien, aucune croix, si ce n’est celle rappelant le passage de Jean Paul II en 1988. Il avait fait promettre au Gouvernement de ne pas la retirer, elle fait figure aujourd’hui de symbole diplomatique
3. plus de 140 pour la célébration, avec la quasi-totalité des évêques
4. nom du peuple uruguayen, étant à « l’orient » du continent
5. En novembre a lieu le second tour des élections présidentielles
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