Home > Littérature > Poème : À l’aube

Il n’y eut qu’à imiter / l’essor de la lumière d’un dernier geste / inespéré, et soudain, brilla de feux multipliés / tout le métal du jour nouveau.Image : Marie Malherbe, La pêche miraculeuse, 2021 (détail).

 

À l’aube

 

Comme Pierre, de nombreuses fois,
à lancer le filet de ce côté de la barque,
nous ne trouvâmes que la corde
et parfois ici ou là, une algue,

dans la nuit de l’effort et dans l’oubli
de l’aube, sous le ciel noir, sur l’eau
épaisse, avec pour mesure l’ahan
des rameurs et les tiraillements de la faim.

Mais lorsque à travers les mailles nous vîmes
poindre la clarté prudente et que le froid
pénétrait nos chairs jusqu’au désespoir,
dans la fraternité cruelle du silence :

une voix. Il n’y eut qu’à imiter
l’essor de la lumière d’un dernier geste
inespéré et soudain, brilla de feux multipliés
tout le métal du jour nouveau.

Et c’est alors que le plus jeune d’entre nous
s’écria : « le Seigneur » ! Le plus hardi,
quittant le pagne qui ceignait sa taille,
laissant la barque même et le filet, joignit la rive.

 

dc 
2012

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