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La manif pour tous : j’y étais !

d'Anne-Laure Perret   14 janvier 2013
Temps de lecture 4 mn

Nous étions entre 340 000 et 800 000. Les chiffres sont tombés, avec toujours la même divergence entre la police et les organisateurs. Pourtant aujourd’hui dans Paris, une foule a envahi les rues. Si la question du nombre est importante, elle ne sera pas le seul critère pour juger de la qualité de cette mobilisation. Car au cœur de la foule, c’est bien autre chose qui nous a animés !

La chose la plus frappante a été l’unité du cortège. Tous rassemblés sous une seule bannière, sans signes distinctifs, on pourrait dire « sans étiquettes », les rues se sont remplies de personnes de tout âge, de toutes religions, de tout bord politique, de tout état de vie et, de toute orientation sexuelle.

Ce simple fait en dit long sur la question en jeu : il ne s’agit pas d’une part de la population que l’on cherche à exclure ou inclure, mais bien l’avenir de notre société en entier. La question du mariage ne peut être dissociée de la question de la filiation et donc du droit des enfants. Chaque manifestant a pu faire l’expérience que l’unité ne naît pas d’une uniformité, d’un aplanissement des différences pour un semblant d’égalité mais bien d’un rassemblement pour la défense d’un bien commun essentiel, que chacun reconnaît comme juste pour l’Homme, en l’occurrence, la Vie. Ce 13 janvier, l’unité n’était pas un concept, une idée abstraite : elle était bien concrète ! Bien sûr, il y aura toujours ceux qui préfèreront aller chercher la voix discordante plutôt que de regarder l’évidence, et alors ? Aujourd’hui, personne n’a eu peur de sortir sa veste rose, de scander le même slogan que son voisin, de se moquer des apparences et des préjugés pour se mettre à l’unisson pour une idée simple qui pourtant est remise en question.

Comment je sais tout ça ? Parce que j’ai parlé avec mes voisins de marche (ou d’attente !). Comment ne pas être saisi par la joie ambiante, par l’énergie que donne de défendre une vérité inaliénable ! Devant tant d’évidence, la rencontre était bien facile ! Loin d’un rassemblement bien-pensant entre gens du même monde, la manif pour tous a été le lieu de la mixité et de la diversité. Pas de colère, pas de frustration, pas d’insultes… La fraternité, l’amour du prochain, l’intérêt pour l’autre était au cœur du cortège. Personne n’était là pour protéger son bien propre mais pour défendre quelque chose de collectif. En tout cas, cette ambiance a porté chacun dans le froid ! Des chants, des sourires, de la joie… Cela paraît presque cliché et pourtant… Le caractère pacifique de la manifestation est flagrant… de l’intérieur mais aussi de l’extérieur puisque qu’il n’y a eu aucun débordement, aucune violence. Tant qu’il y a de l’amour ! C’est bien l’argument que l’on entend très souvent ces temps-ci. Et bien si l’Amour, c’était ça ? Ne pas se laisser aller à une certaine facilité, à une réduction de l’amour à sa seule dimension affective, le confondant avec les désirs propres à chacun, mais bien un acte qui engage toute l’humanité ? L’amour c’est protéger les plus fragiles. Le seul but de cette manifestation était de faire entendre cette voix, de la porter le plus haut possible.

Au seuil de cette journée, on entend déjà que le gouvernement ne reviendra pas sur ce projet. Pas de discussions possibles malgré une mobilisation de masse. Alors au fond, pourquoi j’y étais et pourquoi je suis heureuse d’être allée jusqu’au bout ? Tout simplement parce que c’était impossible de se taire ! Pouvons-nous vraiment laisser la loi légitimer l’absence d’un père ou d’une mère ? Peut-on vraiment imaginer qu’un jour on pourra complètement s’en passer ? Peut-être n’avons-nous pas le pouvoir de changer les décisions politiques mais il est important de rester un signe. Signe de cette unité si précieuse, signe de cette joie dont le monde a besoin, signe que nous ne sommes pas obligés de nous laisser guider par le politiquement correct, une fausse définition des notions de liberté et d’égalité, signe qu’il est possible de vivre dans un monde où l’orientation sexuelle d’une personne ne la définit pas, où il est possible de rassembler pacifiquement, de surpasser nos différences et nos idéologies pour défendre le bien commun.

En rentrant chez moi ce soir, mon voisin dans la voiture qui nous ramenait me disait : « Pourquoi manifester contre l’obtention d’un droit, surtout quand vous, vous l’avez ? ». Cette manifestation n’était pas contre les droits des personnes homosexuelles. Elle était pour les droits de la personne, tout court. Alors je suis fatiguée, mais tellement heureuse de l’avoir fait….

 

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20 Commentaires

  1. Olympe

    Quel domage de voir ainsi des catholiques s'opposer à l'amour et à la force de vie qui pousse deux personnes qui s'aiment à vouloir fonder une famille. Quelle tristesse de les voir ainsi exclure leur prochain de l'envie de fonder une famille ….. Puisse les enfants de ces familles nous pardonner de ne pas savoir faire vivre notre Eglise.

    1. Diane

      Olympe, justement ces "familles" comme vous dites, ne peuvent pas avoir d'enfants, puisque pour cela il faut un homme et une femme, et c'est bien pour cela qu'on ne peut les appeler "famille" ou que l'on ne peut parler de "mariage". L'Eglise ne condamne pas ceux qui s'aiment, elle protège les plus faibles. L'union de deux adultes du même sexe ne peut pas s'appeler mariage, c'est tout ce que nous disons. Cette manifestation était d'ailleurs avant tout républicaine et pas catholique! Je vous engage à aller sur le site lamanifpourtous.fr Bonne lecture! Diane

  2. Diane

    Cette manif était belle, une magnifique démonstration de liberté personnelle et d'organisation au service de tous. De l'énergie, de la gentillesse, un réel engagement personnel quelque soit la fatigue, la distance, le froid, les complexités logistiques de gardes d'enfants et autres. Vraiment cette foule en marche m'a édifiée, et elle m'a remplie d'espérance, et encore aujourd'hui, ce matin en allant travailler, ce soir en écrivant. Comme il est bon de goûter à la REALITE de l'amour, de la fraternité, de la liberté. comme cela console de tant d'idéologie et de mauvaise foi. 

    Elle peut être belle la France!! ça fait du bien!! Bravo à chacun de ceux qui se sont déplacés et chapeau aux organisateurs! N'oubliez pas les dons en ligne, ça aide toujours!!

  3. JB

    La manifestation ne s'oppose pas à l'amour mais dénonce une loi qui veut imposer une "égalité" à des réalités profondément différentes. L'amour se fonde sur la reconnaissance de l'altérité, de la différence et de l'unicité de l'autre. Dire que la polygamie est égale à la famille est absurde, dire que les couples homosexuels sont égaux à une famille, est un irrespect des deux formes de relation.  Imposer juridiquement une conjugalité unique pour des réalités différentes ne peut qu'entraîner une grande confusion. Les premières victimes seront bien sûr les enfants, car indépendemment de l'orientation sexuelle des "parents", le projet de loi considère l'enfant comme un bien de consommation auquel on a droit, quand on a de l'argent. L'amour défend la différence, l'amour défend d'abord les plus petits. Il est important de valoriser les personnes homosexuelles dans la société, le moyen choisi est catastrophique, pour tous. Merci aux manifestants de nous rappeler que les homosexuels méritent beaucoup plus que cette singerie de mariage. 

  4. Olympe

    @Diane ; ceux qui sont "attaqués" ici, ou tout le moins remis en cause, sont plutôt les couples de "même sexe" qui veulent vivre leur amour et l'épanouir comme tout couple. Ne détournons pas les stygmates inutilement pour nous glorifier d'un emportement collectif regrettable.

    Que nous nous permettions de les condamner ces couples, de les juger, d'en faire un amour de second ordere incapable d'accompagner dans la vie parce que différent est le véritable acte de condamnation que nous commettons. Pas leur appétit pour la vie.

    @ JB ; les personnes de même sexe aiment une autre personne.
    Il ne me semble pas y avoir de lien avec la polygamie … Et l'irrespect me paraît plutôt la condamnation au nom d'un amour que l'on veut vivre et non pas subir.

    Vous parlez des enfants et je pense à la violence dont l'Eglise fait preuve à l'endroit des enfants de couples de même sexe qui nous voient défiler contre eux. Cela m'attriste.

    Construire un projet d'accueil de l'enfant me paraît légitime pour tout couple formé de deux êtres que Dieu a créé à son image. Qu'il soit adopté par deux des personnes de sexe différent ou pas.

    Pardon aux homosexuels et, plus largement, aux parents d'enfants adoptés, de montrer que l'Eglise rate une fois de plus l'occasion d'accueillir l'autre dans sa différence et de ne pas les considérer comme un "danger" pour la Famille ….

    1. Amélie

      Chère Olympe, le mariage n'est pas qu'une question d'amour. On peut s'aimer sans se marier et on peut se marier sans s'aimer (dans certaines cultures, c'est même recommandé). Si le mariage était simplement une question d'amour, d'ailleurs, on ne voit pas en quoi cela regarderait l'Etat (qui n'a pas à tenir les registres de la vie sentimentale des gens). La question de la filiation demande une réflexion beaucoup plus approfondie qu'un simple débat au Parlement, sans quoi, on aura une législation injuste car contradictoire (par exemple, pour les enfants élevés par des couples homosexuels, seule comptera la filiation choisie par leurs parents, alors que certains hommes sont contraints par la justice d'assumer la paternité biologique d'enfants qu'ils n'ont pas désirés : dans un cas la biologie sera considérée comme sans importance alors que dans l'autre, elle est déterminante).

      D'un point de vue théologique, l'homme qui est créé à l'image de Dieu, c'est le couple homme et femme (les deux premiers chapitres de la Génèse ne peuvent guère être interprétés autrement). Par ailleurs, pour un chrétien, le Christ est pleinement homme et rend ainsi l'être humain sacré (car sauvé dans le sang du Christ et destiné à participer à la vie de Dieu), ce qui rend donc la procréation sacrée, donc les relations sexuelles permettant la procréation, et par conséquent, cela rend tout autre type de relation sexuelle difficilement compatible avec ce caractère sacré. C'est fâcheux pour la plupart des gens (et pas seulement pour des questions d'orientation sexuelle : la doctrine du mariage catholique n'a jamais convenu à aucune société), mais le but de l'Eglise n'a jamais été de permettre aux gens de mener une vie heureuse et épanouie, c'est de les inciter à devenir des saints à l'imitation du Christ (dont la vie n'est pas précisément un exemple de réussite sociale épanouissante).

    2. Jean-Marie

      @Olympe: vous évoquez la compassion, que les croyants "ne respecteraient pas" à l'égard des couples homosexuels en désir d'enfant. Mais la souffrance de fond de notre société, la solitude, est tellement plus profonde, et plus répandue. Je trouve ce passage d'une interview de ce matin sur France Inter éclairant à ce sujet (source: http://www.franceinter.fr/player/export-reecouter?content=540515), et à rencontrer tant de personnes seules en Allemagne, je peux témoigner que ce n'est pas qu'un problème français…

       

      Tugdual Derville, aujourd’hui en France, plus d’un enfant sur deux naît hors mariage…

      Bien sûr.

      Ça ne vous trouble pas ?

      Non, pas du tout…

      C’est la réalité, ça…

      Je le sais bien, j’accompagne dans nos services d’aide, des femmes en difficultés… Je dirais, d’ailleurs Pascal Clark…

      Donc votre modèle est peut-être un peu dépassé…

      que les grandes difficultés des familles que nous accompagnons, au fond, je les synthétise un tout petit peu en deux mots : c’est d’abord l’errance des pères, l’absence des pères, qui est une souffrance sociale très importante dans notre pays. Et c’est deuxièmement la solitude des mères. Et, justement, les enfants à qui il manque cette complémentarité…

      Que faites-vous des femmes qui élèvent leurs enfants seuls ? Que faites-vous des couples qui ne veulent pas d’enfant ou qui ne peuvent pas en avoir ?

      Eh bien, vous ne m’avez peut-être pas laissé terminer, mais nous constatons, je pense, et je ne suis pas le seul à le dire, que cette complémentarité père-mère en éducation est une des réalités qui manquent le plus aujourd’hui et la société, la politique sociale de la famille est là, justement, pour compenser ces difficultés. Il ne s’agit pas, vous le savez bien, de stigmatiser les enfants ou les familles qui vivent des situations difficiles – il y a des deuils, des séparations, des fractures – mais de ne pas provoquer délibérément ces situations. C’est toute la différence. Pour nous, ne pas stigmatiser les familles existantes ou les enfants qui existent est une chose, mais, délibérément, casser les repères de la filiation, ça en est une autre.

  5. Marie

    Olympe, je t'en prie, prends la place de ce petit garçon que je croise tous les matins dans la classe de mon fils en petite section. Il est celui qui de la classe est le plus perturbé. La femme qui l'a porté "maman Alice "est en déplacements professionnels toute la semaine. C'est "Maman Claire" qui d'habitude l'emmène à l'école.  Mais l'autre jour "maman Alice"  est venue un matin pour l'emmener, ce fût un déchirement à son départ. Inconsolable. Enfant triste. Il n'y a plus son doudou dans le casier ? Réponse : ne t'en fait pas, Wilfrid, "d'autres enfants également n'ont plus leur doudou dans le panier". Cet "soif de normalité " est sans fin, c'est sans fin que le monde homosexuel aura soif d'ordre et de normalité. Les lois de la nature ne peuvent être transformées, c'est comme cela, l'homme et la femme sont crées comme cela. C'est ce qu'on appelle l'ordre naturel.

  6. Anne-Laure

    Olympe, définir cette manifestation comme  "l'opposition des catholiques à l'amour", c'est une réduction du débat qui n'est ni juste ni constructive. Cette manifestation était apolitique et non confessionnelle. Les manifestants (encore une fois, il n'y avait pas que des personnes catholiques!) étaient réunis contre un projet, non contre des personnes! Elle ne visait pas à stigmatiser, au contraire. Vouloir absolument une égalité factice, cela ne sert la cause de personne. Si l'on veut vivre dans une société qui reconnait chacun comme il est, où chacun serait libre de vivre en vérité avec ses forces et ses fragilités, c'est à dire si l'on veut vraiment vivre ensemble, alors on ne peut nier les différences. Ce sont celles ci qui sont source de fécondité justement. Une fécondité qui est peut etre plus difficile à vivre que la torsion de la réalité, mais à terme, le seul vrai bonheur possible. Chacun mérite de vivre pleinement sa vie avec le possible.

  7. Olympe

    @ Amélie : le "simple débat au Parlement" que vous semblez trouver un peu léger pour une telle réforme est le fruit d'un processus démocratique plus long. Processus dont l'étape principale a été l'élection d'un nouveau Président voici un an, qui portait cette question de l'ouverture du mariage à tous les couples dans son programme. Nous n'avons pas été pris en traîtres. Déçus de la victoire de ce candidat et des idées qu'il défendait, peut être. Mais le débat a malheureusement déjà eu lieu.

    Que vous m'assuriez que le mariage ne relève pas de l'amour pour ensuite utiliser des arguments théoligiques ne manque pas de sel …… Mais j'ose espérer que si ce n'est pas à l'Etat de régir les realtions amoureuses, ce n'est pas non plus à l'Eglise de dicter les loi de la République …..

    @ Jean Marie :
    S'il est reconnu qu'on ne naît pas femme, mais qu'on le devient (pré supposé que vous condamnez peut être d'emblée), que toute femme ayant enfantée n'est pas nécessairement une mère pour autant ….. Je ne comprends vraiment pas comment vous pouvez exclure ces couples souhaitant des enfants au nom d'un péril imaginaire.

    @Marie :
    L'exemple d'un petit enfant pleurant à chaudes larmes la perte d'un repère est touchante. Mais si je vous dit que j'ai moi le même exemple, exactement, d'un petit garçon qui pleure parce qu'il ne voit jamais son père …. Votre exemple pleure t'il d'avoir deux mamans ? Ou deux mamans trop semblables à de nombreux couples hétérosexuels ?… Je ne m'arroge pas le droit de le jugeR.

    @Anne Laure :
    Les catholiques se sont malheureusement trop fait entendre comme partisants d'un "camp" dans ce débat pour que l'on ne fasse pas ce raccourci. Pas plus que les arguments unanimes que l'on m'oppose ici …..

    Vous justifiez des peurs, avez un manque de confiance dans l'humain qui m'attriste.

    Bonne continuation à tous et pardonnez moi d'avoir troublé votre satisfaction. Restez ouvert à l'autre, ne craignez pas le monde qui vous entoure. Ce replis manifeste que nous affichons sur des positions conservatrices me fait peur et ce n'est pas ainsi que nous témoignerons de la joie de croire.

     

    1. Anne-Laure

      Chère Olympe, merci pour votre contribution au débat. C'est bien pour cela que j'ai écrit cet article et que ce blog a accepté de le publier, pour faire valoir un certain regard sur cette question et que chacun puisse commenter. Tant que nous pourrons confronter nos idées, il n'y aucun risque de se fermer (et ça ne veut pas dire etre d'accord). Alors n'ayez pas trop peur et continuez à témoigner de votre joie de croire. C'est ça notre plus grande contribution au monde! Bonne continuation dans l'Esperance.

  8. Camille

    merci Anne-laure pour cette invitation à débattre…

    Et merci Olympe pour tes commentaires qui font du bien!

    c'est étonnant comme on utilise les même arguments pour démontrer la chose et son contraire…

    il faut d'abord se demander comment une personne homo peut se sentir bien dans le regard que l'église catholique lui porte: " tu es différent, mais on t'aime quand meme, tu as toute notre pitié".

    malgré tout ce que l'église peut dire cela reste excluant, condescendant. l'église accueille toutes les différences avec une grande générosité, mais elle condamne quand meme. c'est contradictoire, non? elle dit qu'il faut des différences sinon le monde n'est pas "beau", mais si on peut rentrer dans le moule c'est mieux, c'est plus conforme à l'idéal quoi. donc la différence, oui, mais plutot pour les autres…

    Et puis quels sont les enfants qui pourront dire qu'ils ont grandi dans une famille parfaite? Chacun se construit comme il peut avec la famille qui lui est donnée, et les personnes les plus vivantes et vraies ne sont pas forcement là où tout s'est "bien passé", bien au contraire.

    Bref, arrêtons de vouloir ordonner le monde selon une seule vérité. l'église se positionne invariablement comme un garde-fou, comme si, sans elle, les hommes feraient n'importe quoi. mon Dieu, quel manque de confiance en l'homme!

    je dois en choquer un grand nombre. mais, vraiment, je n'arrive plus a suivre l'église sur ces questions là.

     

     

  9. Anne-Laure

    Dans "ces histoires là", qui veut la conformité de qui? C'est quoi l'égalité? Peut-on vivre dans un Idéal? Est ce que l'Eglise bride la liberté de l'Homme? L'homme peut il etre seul maitre du monde qui lui a été confié? Comment on fait les bébés? Autant de questions que chacun peut se poser et confronter avec ses amis autour d'un bon café. Sans stigmatiser les personnes homosexuelles, je crois.

  10. Geoffroy

    Olympe, je partage votre point de vue et vous remercie vivement de donner enfin des mots à ce que mon coeur priant, espérant et confiant ressent depuis le début face à ce débat !

  11. Damien

    Olympe, Geoffroy,

     

    ne vous trompez pas d'arguments. L'accueil de l'autre tel qu'il est, et l'Amour qu'on peut (doit?) lui porter, n'est pas du tout contradictoire avec une volonté de "le tirer vers le haut". C'est là la mission de l'Eglise. 

    Nous sommes ensuite libre de suivre ses enseignements ou pas.

    J'aime mes enfants, et au nom de cet amour, je ne les laisse pas faire ce qu'ils veulent. Je leur donne des repères, les recadre,… Et s'ils ne sont pas d'accord avec ce que je leur enseigne, ils peuvent ne pas me suivre. MAIS ils ne peuvent pas dire que je ne les aime pas. 

    Le principe de l'Egalité, tant repris par les gens favaoravbles au mariage homosexuel, me parait aussi falacieux. Comment pouvez vous demander une agalité pour des situations qui sont différentes au départ ?

    EN matière d'éducation sexuelle notamment, on dit que la fille doit être accompagnée par sa mère, et la garçon par son père. Cela vous choque? C'est en tout cas la requête que nous a faite notre fille. Bien que je sois son père, elle refuse de poarler de cela avec moi.

    L'absence de père ou de mère est donc un problème pour les enfants. Gérons bien sûr les cas existants, mais ne provoquons pas des situations "bancales" pour les enfants.

    Et bien sûr, nous trouverons toujours l'exemple de "l'enfant " d'homosexuels qui sera bien dans sa peau. Mais ne gérons pas l'avenir de notre société avec des exceptions…

    Merci.

  12. la souffrance des personnes à orientation homosexuelle est prégnante et pendant longtemps nous n'entendions pas cette souffrance. Il est normal qu'ils veuillent être reconnus et accueillis. Et collectivement nous avons beaucoup à nous reprocher sur ce point. Il est juste aussi de permettre à des personnes dans une même situation de bénéficier des mêmes droits. C'est le cas entre deux conjoints hétéros ou homos. On peut comprendre aussi la souffrance des couples sans enfants, ou des célibats subis. Mais en matière de filiation, comprendre n'est pas pour autant tout admettre, et la compassion n'interdit pas la réflexion.

    Cela ne doit pas nous faire oublier les dérives graves que véhiculent ce débat sur le "mariage pour tous". La lecture de l'essai de Gilles Bernheim, disponible gratuitement sur internet peut nous aider à mieux les mesurer. Il y a une grande confusion entretenue entre injustice et inégalité. Or, il n'y a pas antinomie entre différence et égalité.  On voit apparaître un droit à l'enfant qui n'a jamais existé et qui prendrait le pas sur le droit de l'enfant.  Mais surtout, dans sa conclusion, Gilles Bernheim souligne le projet explicite des militants LGBT qui ont aujourd'hui leurs entrées à l'Elysée et pour lesquels le projet de loi actuel n'est qu'un cheval de Troie :  "On nait neutre…L'égalité passe forcément par la non différenciation sexuelle… Le sexe en tant que catégorie naturelle est remis en question… N'étant qu'une construction sociale, l'identité sexuelle n'est en aucun cas déterminante quant au psychisme de l'individu. Il n'y a pas lieu d'en tenir compte…Le féminin et le masculin deviennent de simples rôles que l'on peut choisir ou non d'endosser ou d'échanger à loisir…" et Gilles Bernheim conclut "Il s'agit d'un combat contre l'hétérosexualité, norme sociale jugée dépassée… Il est légitime de se demander si l'objectif des militants n'est pas finalement la destruction pure et simple du mariage et de la famille traditionnelle, de mieux faire exploser les fondements de la société… "  Les institutions fondent une société, permettent aux gens de se situer, de se construire sur des repères. Quelle sera celle de demain ?

     

  13. Olympe

    @ Damien : libre à vous de penser l'homosexualité comme une déviance éducative.

    Libre à vous de pense qu'il s'agit là de la beauté de l'accueil que vous réservez à ces individus, de les accueillir comme  des êtres anormaux.

    J'entends qu'une femme qui aime une autre femme ne ressent pas un amour "plus" beau que le mien ou "moins" beau que le mien .. Qui serais je pour porter ce jugement de valeur sur deux êtres qui décident de faire route ensembel ? Moins que vous certainement, qui semblez si sûr de votre fait.
    Les condamner pour ce qu'ils ou elles n'ont pas choisi, est ce cela l'amour et la tolérance ?

    J'ai pour ma part parlé de sexualité ouvertement avec mes deux parents, qui ont su aborder ces sujets de façon "simple" avec moi. Désolée que votre fille n'ait pas cette liberté avec vous, je n'en suis pas moins certaine que vous avez cherché à être le meilleur père possible.
    Meilleur que le mien ? Pire que le mien ? Ce n'est pas à moi d'en juger, mais on ne saurait tirer de votre expérience ni de mon expérience une Loi Générale pour toute la société.

    Je suis désolée que les enfants de couples homosexuels biens dans leur peau viennent contre carrer vos certitudes. Mais les avez vous entendus ? Ne pensez vous pas que, pris ainsi à parti, ils se seraient manifestés s'ils constituaient cette foule de victimes que vous semblez craindre ?

    Ne vous faites pas l'avocat de causes que vous ne connaissez que par la peur qu'elle vous inspire. Merci.

     

    @Philippe : cet excellent texte est effectivement disponible également sur ce site.

    Et ne vous inquiétez pas, le "cheval de Troie" des militants du 13 janvier va également être reçu à l'Elysée 🙂 J'y vois là une preuve d'ouverture et de signe de vitalité démocratique.