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Journée de la femme : portraits de femmes extraordinaires

d'Anaïs Guillerm    8 mars 2013
Temps de lecture 4 mn

8 mars, journée internationale de la femme. Fêté depuis plusieurs décennies, cet évènement pourrait aujourd’hui se réduire à une lutte contre les inégalités. Ce 8 mars 2013 est pour nous avant tout l'occasion de célébrer le courage de tant de femmes ordinaires qui par leur amour et leur détermination deviennent extraordinaires !


© Victor Lacoste

« L’être humain – homme et femme – est le seul au monde que Dieu ait voulu pour lui-même : il est une personne, un sujet qui décide lui-même. En même temps, l’être humain ne peut pleinement se trouver que par le don désintéressé de lui-même. »[1] A partir de cette affirmation, Jean-Paul II, dans sa lettre apostolique du 15 août 1988, médite le mystère de la dignité et de la vocation de la femme. En voici quelques extraits "illustrés"

Maternité
Dina, la maman du petit Yacir, 4 ans, atteint d’une leucémie, à qui les volontaires de Points-Cœur au Salvador vont rendre visite, nous montre qu’être mère, c’est se tenir au pied de beaucoup de souffrances, c’est se tenir debout, au pied d’une multitude de Croix. En veillant jour et nuit son fils durant plus de dix mois, elle a gardé son espérance intacte. Et lorsque les jours les plus sombres sont arrivés et que Yacir était aux portes de la mort, Dina s’appuyait alors sur l’amitié des volontaires de Points-Cœur, qui par leur simple présence rendaient supportable l’insurmontable.

« En contemplant Marie au pied de la Croix, l’esprit se tourne vers toutes les femmes qui souffrent dans le monde, qui souffrent physiquement ou moralement […]. Il est difficile de faire le bilan de ces souffrances, il est difficile de les nommer toutes : on peut rappeler la préoccupation maternelle pour les enfants, surtout quand ils sont malades ou qu’ils prennent une voie mauvaise, la mort des personnes les plus chères, la solitude des mères qu’oublient les enfants adultes ou celle des veuves, les souffrances des femmes qui luttent seules pour survivre et des femmes qui ont été lésées ou exploitées […]. C’est aussi avec ces souffrances qu’il faut venir au pied de la Croix du Christ. »[2]

Dina est de celles qui témoignent dans leur chair, par leur souffrance, du don désintéressé d’elles-mêmes.

Dignité
Koupé Akka, surnommée « Madame poubelle », voisine du Point-Cœur de Madras, a hérité de ce nom à cause d’une vie dissolue. La plus rejetée d’entre les rejetés a petit à petit recouvré sa dignité au contact des volontaires de Points-Cœur, les seuls à ne pas la considérer seulement pour ses actes. L’amitié, l’écoute attentive, la Miséricorde… sont des points de départ d’un relèvement de la dignité humaine.

« La façon d’agir du Christ, l’Evangile de ses œuvres et de ses paroles, est une protestation cohérente contre ce qui offense la dignité de la femme. C’est pourquoi les femmes qui se trouvent dans l’entourage du Christ se redécouvrent elles-mêmes dans la vérité qu’il « enseigne » et qu’il « fait », même lorsque c’est une vérité sur leur « condition de pécheresse ». Elles se sentent « libérées » par cette vérité, rendues à elles-mêmes : elles se sentent aimées d’un amour éternel. »[3]

Par le regard d’amour posé sur elle, Koupé Akka est relevée : elle n’est plus condamnée mais libérée par l’amour désintéressé ; son esprit et son cœur sont comme dilatés.

Consciente d’une mission
« La femme ne peut se trouver elle-même si ce n’est en donnant son amour aux autres. »[4]

C’est ce que nous enseigne Léa, amie du Point-Cœur de Villejuif. Depuis plusieurs années, elle vit dans une maison de retraite, abandonnée des siens. C’est pourtant sans aucune amertume qu’elle nous parle de sa famille, enfants et petits-enfants, vivant à peine à 4 kms de chez elle.

« La femme est forte par la conscience de ce qui lui est confié. »[5]

Léa se sait aimée d’un Autre, elle se sait investie de la mission d’aimer sans cesse, et nous le fait bien comprendre : après une visite chez elle, notre cœur est bouleversé et nous ne rentrons pas chez nous comme avant.

« La dignité de la femme est intimement liée à l’amour qu’elle reçoit en raison même de sa féminité et, d’autre part, à l’amour qu’elle donne à son tour. »[6]
« Ainsi la femme vaillante devient un soutien irremplaçable et une source de force spirituelle pour les autres qui se rendent compte de l’énergie considérable de son esprit. A ces « femmes vaillantes » sont très redevables leurs familles et parfois des nations entières. »[7]

Hymne aux femmes
« C’est pourquoi l’Eglise rend grâce pour toutes les femmes et pour chacune d’elles : pour les mères, pour les sœurs, pour les épouses ; pour les femmes consacrées à Dieu dans la virginité ; pour les femmes dévouées à tant d’êtres humains qui attendent l’amour gratuit d’une autre personne ; pour les femmes qui veillent sur l’être humain dans la famille, ce signe fondamental de la communauté humaine ; pour les femmes qui exercent une profession, celles sur qui pèse parfois une grande responsabilité sociale ; pour les femmes « vaillantes » et pour les femmes « faibles » ; pour toutes, telles qu’elles sont sorties du cœur de Dieu dans toute la beauté et la richesse de leur féminité, telles qu’elles ont été entourées de son amour éternel ; telles qu’avec l’homme elles accomplissent le pèlerinage de cette terre, « patrie » temporelle des hommes, parfois transformée en « vallée de larmes […]. »[8]

Photo en page d'accueil © Séverine Dubois

 


[1] Conc. Œcum. Vat II, Const. Past. sur l’Eglise dans le monde de ce temps, Gaudium et Spes, n°24
[2] Jean-Paul II, Lettre apostolique Mulieris Dignitatem, p.76 – 77
[3] Idem, p.60
[4] Idem, p.112
[5] Idem, p.114
[6] Idem, p.112
[7] Idem, p.114 – 115
[8] Idem, p.118

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