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Protagoniste et guide : l’Eglise, soutien de l’Etat

De Giorgio Napolitano 15 juin 2013
Temps de lecture 3 mn

Il y a tout juste une semaine, le pape François rencontrait le président de la République italienne. Si le discours du premier a trouvé écho dans bien des Blogs français, celui prononcé par Georges Napolitano mériterait à plus d’un titre d’être connu. Quelques certitudes d’un vieil homme passé des jeunesses communistes au plus haut sommet de l’Etat, y sont offertes. Napolitano fait preuve d’une liberté de pensée concernant l’Eglise qui semble tellement manquer ailleurs. Voici quelques extraits de ce qu’il nomme le « traditionnel mais non formel hommage de l’Etat et du peuple italien » au nouveau Souverain Pontife.


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« Vous êtes déjà devenu une figure chère et familière aux Italiens et plus particulièrement aux fidèles et aux citoyens romains auxquels vous avez voulu vous présenter d’une manière significative comme leur propre évêque. L’extraordinaire participation du peuple – riche, cela s’entend aussi de participation internationale –  à l’Angelus dominical et aux audiences du mercredi en est le signe visible.
(…)
Autour du rappel fondamental de François d’Assise comme "l’homme de la pauvreté", "l’homme de la paix", se sont immédiatement manifestées votre attention et votre sollicitude pour les plus souffrants et les marginaux, pour les personnes victimes de l’avidité et de l’égoïsme dominant et a résonné votre appel à l’Eglise et aux chrétiens afin qu’ils prennent la part qui leur revient et en prennent soin.
(…)
Votre regard est universel, mais vos paroles nous touchent et nous sollicitent en particulier, nous, Italiens. Notre pays, bien que classé comme "riche", porte en son sein des aires et des phénomènes de pauvreté qui se sont étendus, dans ces récentes années de crise, comme jamais depuis des dizaines d’années.

Le changement qui s’impose à l’Italie ne peut éviter de toucher aux comportements diffus, gravement éloignés des valeurs spirituelles et morales qui seules peuvent inspirer des solutions durables à nos problèmes, des perspectives plus sereines et sûres.

C’est cela l’effort que nous engageons avec ténacité sans jamais céder au découragement, sans évacuer l’espérance. Et l’Eglise nous soutient grandement dans le développement de son magistère éducatif et dans sa pastorale quotidienne : l’Eglise à travers ses évêques et parmi eux, "in primis" l’évêque de Rome. 

En effet sur les bases solides qui figurent dans notre constitution et dans le nouveau concordat – comme vous avez tenu à le rappeler – les institutions républicaines et le Saint Siège sont protagonistes et guides d’une collaboration limpide pour la promotion de l’homme et pour le bien du pays. 

Point cardinal de notre constitution italienne, comme de l’ordre de tout état de droit, demeure le principe de la liberté religieuse : hélas encore aujourd’hui niée en trop de lieux et brutalement bafouée. Et nous considérons comme notre propre devoir d’en prendre la défense partout, particulièrement là où sont atteintes la liberté et la vie des chrétiens.

Sainteté, le rapport entre l’Etat et l’Eglise catholique en Italie n’est pas quelque chose de froid et d’institutionnel mais quelque chose de vécu, d’enraciné dans l’histoire et ayant grandi toujours plus, parallèlement au dialogue interreligieux et au dialogue entre croyants et non croyants. Un rapport enrichi dernièrement au cours des années de mon mandat grâce à la vision commune qui s’est établie avec votre prédécesseur Benoît XVI à qui je désire adresser une pensée reconnaissante. »

 

 

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1 Commentaire

  1. Bruno ANEL
    Bruno ANEL

    C'est parce que Giorgio Napolitano dispose d'une grande autorité morale reconnue par tous les partis politiques italiens – et par l'Eglise – qu'il a accepté, en mai dernier, de voir renouvelé pour sept ans son mandat de Président de la République italienne. Il l'a fait par devoir: à 87 ans, il aspirait légitimement au repos. Mais il était le seul à pouvoir résoudre la crise politique née de l'absence de majorité au Parlement aprés les elections en imposant une "grande coalition" entre les principaux partis de gauche et de droite. En 2011, il avait déja poussé vers la sortie Silvio Berlusconi, discrédité par ses frasques et ses déboires judiciaires, et imposé le gouvernement apolitique de Mario Monti.