Home > Musique, Danse > Happy : la contagion du bonheur ?

Happy : la contagion du bonheur ?

Voilà qui est frais et qui fait du bien ! Happy de Pharrell Williams pourrait-il devenir le nouvel hymne de ce début de Carême 2014 ? Quelque chose ne changerait-il pas si au lieu de râler comme je l’entendais l’autre matin dans le train pour un retard de trois minutes seulement, les gens, c’est-à-dire nous, vous, moi, décidions de nous lever, de danser, et de proclamer : Happy, happy, happy… ? Et si, nous aussi, nous rejoignions la danse, cette grande vague de bonheur qui déferle sur le monde depuis quelques mois !

Depuis sa sortie le 21 novembre 2013, le clip Happy a fait des petits et de nombreux heureux. Il est devenu un véritable phénomène planétaire et frôle à ce jour, le milliard de vues. Chanson écrite, produite et chantée par Pharrell Williams, elle est à la fois la bande originale du film Moi, moche et méchant 2, et premier titre de son deuxième album GIRL. Dès sa sortie, le collectif de jeunes créateurs français, We are from L.A, a proposé un clip de 24h pour cette chanson (http://24hoursofhappy.com/). C’est le début de la contagion. Dix, vingt, cinquante, quatre-cent-quatre-vingt-six reprises à présent… Le 20 janvier 2014, pour « matérialiser la pandémie » [1] naît le site http://www.wearehappyfrom.com/ sur lequel des vidéos en provenance de 71 pays ont été répertoriées.

 

Pharrell Williams, Happy

Qui, en écoutant la chanson et en visionnant les différents clips de New York à Dakar, de Tokyo à Mexico, de Paris à Moscou, n’a pas envie aussi de se mettre à danser en chantant Happy, happy, happy ? La musique est fraîche, la joie communicative, la danse contagieuse.

Clap along if you feel like a room without a roof
« Frappe des mains si tu te sens comme un pièce sans toit » c’est-à-dire finalement, si tu sens que ton regard va vers le ciel, si tu sens que tu es fait pour l’illimité, l’infini, si tu sens que tu ne veux, ne peux être mis dans une boîte, autrement dit, si tu te sens et te sais libre.

Clap along if you feel like happiness is the truth
« Frappe des mains si tu sens que le bonheur est la vérité ». Il s’agit donc de rejoindre ce désir de bonheur, qui – c’est ce que sentent les millions de personnes prises dans le mouvement Happy – est la vérité de leur vie.

Clap along if you know what happiness is to you
« Frappe des mains si tu sais ce que le bonheur est pour toi ». Oui, nous avons tous du mal à savoir ce qu’est le bonheur, mais nous percevons, presque malgré nous, que ces paroles, cette musique, ces danses font appel à des fibres de notre cœur, de notre corps, de notre être qui ne demandent elles aussi qu’à vibrer à leur tour. Elles sont-là, en demi-sommeil, prêtes à se réveiller au moindre signal. Cette chanson en est un. Cette chanson est pour moi.

Clap along if you feel like that's what you wanna do
« Frappe des mains si tu sens que c’est ce que tu veux faire ». Frappe des mains si ton cœur t’y pousse. Danse ! Vas-y, lève-toi, si le cœur t’en dit ! Ne voit-on pas des centaines voire des milliers de gens qui osent danser en pleine rue ou sur leur lieu de travail, sans peur du ridicule. Quel appel à la liberté !

Et au bonheur donc ! Pharrell Williams est bien plus convaincant que les discours des politiciens et les promesses électorales. Il ne nous parle pas d’un bonheur utopique lié à l’inversion de la courbe du chômage ou à l’augmentation du pouvoir d’achat. Il nous invite simplement, spontanément, ici et maintenant, à prendre part au bonheur, à la joie et la danse. Et le monde ne s’y trompe pas, sinon comment expliquer cet engouement ? Si le clip a été repris dans près de 500 versions, c’est que les uns et les autres ont compris que l’invitation était hic et nunc. Ici et maintenant. De l’Occident à l’Orient, du Nord au Sud, jeunes, vieux, hommes, femmes, enfants, dans la rue, le métro, les magasins, les places publiques, les universités, dans les champs ou au bord de l’eau, tout le monde reprend en chœur ce nouvel hymne à la joie.

Les mauvaises nouvelles arrivent à parler de ceci cela
Yeah, donne-moi tout ce que tu as, ne te retiens pas

Yeah, je devrais peut-être te prévenir que ça va aller
Yeah, ne le prends pas mal ne perds pas ton temps
Car je suis heureux…

Il n’y a rien à faire… je suis trop heureux. Les mauvaises nouvelles ne m’affecteront pas. Tu peux aussi essayer de me saper le moral, tu n’y arriveras pas. Parce que je suis heureux, je suis heureux. Vas-y, dis ce que tu veux, de toute façon je suis heureux. Essaie de me mettre par terre, je suis trop haut, je suis heureux, heureux, heureux…

Le secret : aimer.
Love is too happy to bring me down
« L'amour est trop heureux », l’amour rend trop heureux. La source de cette joie à laquelle nous sommes ré-invités, c’est l’amour. Rien de magique, pas de méthode coué. Il s’agit d’aimer.

Voilà, tant de gens aux quatre coins du monde sont happy et le proclament. Ce phénomène est absolument génial et en dit long sur la soif universelle de l’humanité : aimer et être heureux. C’est peut-être l’antidote le plus efficace contre la morosité. Fini les jours de colère, place à la joie !

Séverine Dubois 

 


[1] http://www.wearehappyfrom.com/infos

 

Vous aimerez aussi
« Le Prophète » : le film adapté de Khalil Gibran en DVD
La légende de Joseph : posséder ou servir
Le défi qui attend l’Islam, ou ce que la tragédie du 7 janvier nous enseigne
O Captain, my Captain

3 Commentaires