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« Patries », le nouveau film de Cheyenne Carron

Après l'Apôtre, Cheyenne Carron vient de tourner Patries dans lequel elle aborde un autre thème délicat : l'identité. Sébastien vient d'emménager avec ses parents en banlieue parisienne. Il essaye en vain de s'intégrer dans un groupe de jeunes issus de l'immigration africaine. Mais une amitié profonde le liera avec Pierre, un jeune camerounais en quête d'identité. Cheyenne répond à nos questions.  

 

 

Vous venez de tourner un nouveau film : Patries. Comment cela s'est-il passé ? Qu'en retirez-vous ? 

Malgré le manque de moyen, j'ai mené à bout mon projet ! J'ai été entourée de comédiens et de techniciens qui ont accepté d'aborder sans tabou avec moi ces sujets de notre société. Ce que j'en retire, c'est qu'avec du courage et de l'amour, Dieu nous donne la possibilité de tout faire.


Vous donnez une grande importance à la recherche d’identité, au fait de garder des liens avec son histoire, sa culture. Un message pour les jeunes ? 

Un jeune ne sera un bâtisseur que s'il se sent heureux et à sa place sur sa terre. 
Il existe des jeunes déracinés en France qui souffrent de cet état. Il n'y a aucune raison pour qu'ils se réveillent le matin en se demandant : "comment vais-je servir mon pays ?"… Certains d'entre eux portent dans leur cœur une autre patrie que la France, nous devons le respecter et nous demander comment agir pour aider ces jeunes à être à l'endroit juste dans le monde.
 Nous devons penser à cela, sans rejet de l'autre, mais avec amour.
 Souhaitons à l'autre ce que nous avons pour nous même : l'amour de notre terre et la volonté de la servir.



Dans L’Apôtre, nous accompagnons le chemin intérieur d'Akim, mais un seul moment manque : son baptême. Pourquoi ?

Parce qu'il m'aurait fallu une heure de plus ! Et le film aurait été trop long. J'ai raconté le récit de sa "lente bascule" vers le Christ. Mais à la fin du film, il refuse toujours de manger du porc. Il a du mal à se débarrasser de ses codes et de ses traditions, mais son cœur est déjà au Christ.


Le tournage de L'Apôtre a engendré une amitié entre des acteurs de différentes confessions. Vos collaborateurs semblent accepter de se risquer sur ces terrains difficiles. C'est l'amitié qui conduit à un dialogue vrai ou est-ce la vérité du dialogue qui a engendré l'amitié ?

C'est la vérité qui engendre l'amitié.



Vous osez affronter des thèmes difficiles à manier. D'où puisez-vous ce courage ?


Dieu donne à toutes les personnes de bonne volonté le courage d'agir.


Propos recueillis par Josette Khoury

 

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