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Un pèlerinage marial au cœur de l’Inde – reportage photo

Récit d'une expérience spirituelle hors du commun au cours de ce pèlerinage de 350 km vers le sanctuaire marial de Velankanni. Adrián, originaire de Santa Fe en Argentine est actuellement en mission avec Points-Cœur en Inde.

Le sanctuaire de la Vierge de Velankanni se situe sur la côte sud-est de l’Inde, sur les bords du Golf du Bengale à 350 km au sud de Madras (Chennai), capitale de la province du Tamil Nadu. Le sanctuaire érigé en l’an 1560. Chaque année, plus de 20 millions de pèlerins viennent de toute l’Inde et du Sud-Est asiatique.

L’histoire de ce sanctuaire a commencé par une série d’apparitions et de miracles de la Vierge. Elle se présenta à un jeune berger hindou avec son petit Enfant dans les bras. Le lieu des faits est devenu un lieu de dévotion populaire. Quelques années plus tard, elle s’est rendue présente, de nouveau avec son Fils dans les bras, à un enfant estropié, incapable de marcher. Elle chargea ce dernier de rendre visite à un homme catholique pour lui demander de construire une chapelle dédiée à son nom. Notre Dame lui ordonna qu’il se lève et qu’il marche. Etonné de constater que ses jambes avaient retrouvées la force et le mouvement, il courra jusqu’à la maison de l’homme. Ce dernier le reçut avec plaisir et consentant aussitôt aux désirs de la Vierge, il construisit une humble chapelle.

Au cours de ce même siècle un autre miracle eut lieu : un groupe de commerçants portugais, qui naviguaient depuis la Chine vers le Sri Lanka, furent victimes d’une grande tempête. Suppliant l’aide de Marie, il promirent de construire une église en son honneur où qu’ils débarquent, s’ils demeuraient en vie. La tempête cessa donc et ils atteignirent la terre de Velankanni. Un groupe de pécheurs les conduisirent à la chapelle. Là, ils commencèrent la construction de l’édifice. Tout au long de leurs vies, ils s’y rendirent plusieurs pour enrichir l’église. Jusqu’à aujourd’hui, on peut remarquer le vieux et gigantesque mât du navire portugais planté à côté de la Basilique.

350 Km  de pèlerinage

Nous avons commencé le pèlerinage depuis la maison, à 4h30 du matin, sans un rayon de lumière dans les rues endormies de la ville, en nous rendant à notre paroisse pour la célébration de la messe.

Commencer depuis le cœur de la capitale de cette province provoqua son effet : des milliers de personnes furent témoins de cet acte de foi. Aussitôt après la messe, nous sommes partis, avec le lever du soleil dans le dos, par un jour clair et dégagé. Les rues étaient bondées de voitures, de bus et de passants. Durant les premières heures, la ville se montrait inerte et indifférente… Puis, lentement, tout un monde plongeait dans le rythme de la vie quotidienne, toujours imperturbable face à notre marche.

Mais au fur et à mesure que les jours avançaient, les groupes de 6 ou 8 personnes s’enflèrent au point de ressembler d’abord des centaines, puis des milliers de personnes.

Alors, postés à différents endroits, distribuant de la nourriture et de l’eau, les gens nous arrêtaient pour demander la prière pour leurs familles. Quelques uns allaient jusqu’à nous remettre de l’argent pour le présenter comme offrande à l’église. Depuis le début, à chaque instant, nous entendions : “Marie Vargué!” (Ave Maria), ce à quoi nous répondions de la même manière. Ce cri venait de pèlerins, des voisins et de gens qui passaient.

Ces milliers de personnes formaient un seul peuple. La nuit, nous nous reposions dans des cours d’écoles, des églises et  des salons, bien qu’en général, les pèlerins dormaient dans la rue, sous des arcades, sur les trottoirs, dans les parcs et sur les places.

Ce furent en tout dix jours de pèlerinage avec des temps de prière personnels et en communauté, avec comme seul objectif de nous retrouver au terme de cette grande aventure aux pieds de notre Mère. La fatigue, la prière de chaque dizaine du chapelet, la chaleur, les discussions et les moments de silence furent la nourriture partagée en communauté à toute heure. En cela résidaient la volonté et le courage de continuer. Trois cent cinquante kilomètres remis à Marie durant lesquels chaque pas se transformait en une intention : pour un ami, pour un membre de la famille, pour nos frères et sœurs dans la foi, pour l’humanité entière.

Marie, Mère Universelle

Le chemin fut également partagé avec des inconnus : groupes d’amis, mouvements paroissiaux, familles entières, leurs enfants inclus, personnes seules sans autres équipage que ce qu’ils avaient sur eux, un bâton, les pieds nus et un morceau de tissu pour se protéger du soleil.

Cette hétérogénéité se reflétait d’elle-même dans les religions : chrétiens, hindous, jaïnistes, sikhs et parsis. J’étais  surpris de savoir que la majorité de pèlerins était hindous.

              

Les jours passaient et nous nous sentions presque dans les bras de notre Mère. Nous avons marché les 5 derniers kilomètres sur la plage.

A moins d’un kilomètre, nous pouvions apercevoir les tours de la Basilique. Il est de tradition de s’agenouiller dans le sable à cet endroit-là, de rendre grâce pour être arrivé à la dernière ligne droite, de confier des intentions et de se préparer au lever du drapeau avec l’image de la Vierge à l’arrivée. A ce moment précis, la douleur et là fatigue douleur passent au second plan. Seul compte le fait d’arriver à Ses pieds et de terminer un pèlerinage si long et si ardu, pour voir enfin flotter un gigantesque drapeau imprimé à son effigie, en présence des milliers de ses fidèles et dévots. Les prières secrètes où publiques, les conversations, tout se transforme en un cri repris par des milliers de personnes : « Marie Vargué !, Ave Maria ! ».

L’atmosphère s’imprègne d’un fervent désir de nous laisser finalement embrasser par Elle.  Tout à coup, mon esprit ne peut que penser à Elle et je me dis à moi-même : « Combien le monde serait différent si tous recevaient et connaissaient cet amour de Mère ! Amour sans limites, ni frontières, qui nous reçoit tous, sans discrimination d’âge, de genre ou de religion ; de la même manière pour tous. »

 

Et le moment tant attendu arriva. Son regard nous illumine depuis les hauteurs ; sa paix nous rejoint et nous  enveloppe, son intercession pour nous se consume. Sentir sa présence et son action dans nos vies.

Cette grande démonstration de foi a cultivé en moi l’espérance et affermi mes raisons d’être chrétien. Personnellement, ça a été une expérience qui m’a transformé. La Vierge nous a permis de vivre un événement merveilleux : la conversion du cœur.

 

                  

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1 Commentaire

  1. bekeongle

    Adrian, très beau reportage-témoignage sur ce que nous avons nous-mêmes vu, mon épouse préférée et moi-même, car nous étions à Pondichery pendant la 2è quinzaine d'Août et nous avons vu, au long des jours, ces groupes de 4, 6 , 20 personnes, jeunes, moins jeunes, avec des bébés, se dirigeant vers ce grand sanctuaire marial de Velankanni.

    J'y étais allé avec un de mes fils en Février dernier car je voulais absolument voir ce lieu étonnant et si proche de notre coeur ! Aussitôt sur place, je me rends compte qu'il y a une messe 5 minutes + tard (il y en a toute la matinée) et nous entrons dans la basilique …. Là ! stupeur ! devant un millier d'adolescentes, toutes habillées de la même manière, toutes coiffées de la même façon, sages, laissant la place à la méditation avant le début de la célébration.

    Celles près de qui nous nous somme assis s'amusaient quand même de voir de drôles d'étrangers assister à la même chose qu'elles, mais les rires sous-capes et les coup d'yeux avaient bien sûr une connotation favorable !

    Pendant toute la messe, recueillement, ou en tout cas silence. Et à la sortie, un millier d'autres adolescentes vêtues de façon différente par rapport au groupe précédent mais toutes pareilles, entraient déjà pour la cérémonie suivante.

    Etonnante Inde qui fourmille de gens, d'enfants, de jeunes, de vieux !!! Surtout quand il s'agit pour eux, comme pour nous, de dire à la Madone "On vous aime ! Soyez notre bienfaitrice !"