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Pour que l’Œuvre continue… Les 40 ans du Puy du Fou

Le 18 juin dernier, le Puy du Fou célébrait ses 40 ans. Pour l’occasion, Philippe de Villiers, son créateur, prononçait, d’abondance du cœur et sans aucune note, un discours profond et emprunt d’action de grâces, manifestant combien ce qu’il appelle « l’œuvre » du Puy du Fou dépasse tant son fondateur que  les bénévoles qui contribuent à son rayonnement.  Il y livre trois invitations pour que le Puy du Fou perdure et continue ainsi longtemps à consoler les visiteurs par sa beauté et à les réconcilier avec leur histoire et leurs racines. 

Voici quelques extraits de ce discours plein de lumière, de poésie et de vérité.

Une dette envers l'enfance

« L’aventure du Puy du Fou est née de deux urgences intimes. 

La première : je voulais faire un acte de reconnaissance pour une enfance heureuse. J’étais un gamin qui courait dans les campagnes et cueillait sans le savoir des fleurs de civilisation avec mes frères, avec ma sœur Bibiane. Chaque matin, nous percevions les parfums de l’enfance, de la campagne française, en écoutant qui montait à nos persiennes cette mélodie à trois voix qui réveille le village, le bourg, les fermes : le coq, l’enclume et l’angélus. C’était une symphonie.

Le Puy du Fou fut pour moi le moyen ultime de retenir l’enfance, je voulais payer ma dette pour une enfance heureuse, je m’étais endetté à vie, je voulais payer ma dette morale, et je l’ai remboursée en nature et en lumière.

Ainsi naquit le Puy du Fou.

Une dette envers l'histoire

Mais il y a un autre acte, un deuxième, un acte de réparation pour une injustice faite à la Vendée. 300 000 martyrs morts sans sépulture, livrés aux ardeurs des corbeaux. Et cette phrase terrible, cette victoire posthume de Robespierre lorsqu’il dit « Faites en sorte que demain les vendéens soient désignés par l’histoire comme responsables du mal que nous leur faisons ». Vieux processus révolutionnaire dénoncé ici, le 24 septembre 1993 par le plus grand dissident du XXème siècle, Soljenitsyne. Vieux processus  révolutionnaire  qui consiste à inverser la charge de la honte et à faire peser sur la victime le statut du bourreau. 

Ainsi naquit le Puy du Fou.

Je suis venu le 3 juillet 1977 avec un ami. Je me suis assis dans l’herbe, il y avait un silence sépulcral et il avait cette ruine, des élancements douloureux, une sorte de cri de détresse. Je me suis assis dans l’herbe, l’herbe haute, et j ‘ai décidé d’écrire un hymne à la Vendée festive, pastorale, exubérante, processionnelle, mais aussi un requiem à la Vendée silencieuse, douloureuse, la Vendée marquée par un mystère de souffrance indicible, la Vendée interdite de récit officiel, Vendée aux lèvres closes marquées d’un signe de croix. 

Ainsi naquit le Puy du Fou. » 

Les conditions de la pérénité

« Pourquoi cela a duré si longtemps ?

Je vais vous dire pourquoi en 3 mots.

D’abord parce que l’idée ne s’est jamais abimée. L’idée, c’était un hymne, un acte d’amour, à la Vendée, à la France, un acte de gratuité : on ne trafique pas ce qu’on aime.

Deuxièmement, le feu créatif ne s’est jamais éteint. Depuis le début, nous avons créé. »

(Et Philippe de Villiers de distinguer ici particulièrement son ami Laurent Albert.)

« Et maintenant, il y a une autre question : les 40 ans à venir. Les conditions de la pérennité du Puy du Fou sont les suivantes. Ecoutez-moi bien, chers amis puyfolais ! 

La première condition, c’est que vous gardiez l’incandescence des âmes ; si nous gardons l’incandescence des âmes puyfolaises, alors le bénévolat ne s’érodera jamais. 

La deuxième condition : il faut un chef pour les 40 ans qui viennent, il faut un chef qui ait la trempe, le caractère et le charisme créatif. Ce chef, les puyfolais le connaissent, je vais l’appeler, ce chef, il s’appelle Nicolas de Villiers.

Mettre l'œuvre au dessus de son destin personnel

Mais il y a une troisième condition, c’est la mystique de l’œuvre. Qu’est ce que cela veut dire ? Cela veut dire que chaque puyfolais doit continuer à mettre l’Oeuvre du Puy du Fou au dessus de son destin personnel. Le Puy du Fou nous dépasse, le Puy du Fou nous surpasse, le Puy du Fou nous survivra ! 

Et il nous survivra parce que ce que nous avons créé ensemble il y a 40 ans est intemporel, c’est un acte de civilisation intime. (…) Le Puy du Fou est un acte de ré-enracinement dans une société mondialisée, nomade, déracinée, désaffiliée, qui perd ses balises ; alors chers puyfolais des 40 années qui viennent, je le dis au nom de ceux qui seront encore là et au nom de ceux qui ne seront plus là : maintenez haut le flambeau ! La mission qui vous revient, c’est de faire flotter sur tous les continents votre drapeau, le drapeau qui est né ce soir avec nos armoiries, le drapeau du Puy du Fou et c’est aussi de faire voyager dans le monde entier -et d’abord dans ce pays, le nôtre, devenu presque étranger à lui-même- faire voyager le mystère de la France, de notre civilisation, le rêve français. 

Alors avec mon cœur et avec cette équipe de l’avenir, et avec tous les Puyfolais, nous vous disons du fond du cœur merci d’avoir cru en ce rêve. 

Que vive longtemps Le Puy du Fou! Que vive longtemps Le Puy du Fou dans les coeurs des Puyfolais et que les Puyfolais gardent toujours la devise de leur drapeau : C’est à jamais! 
Que vive la Vendée, que vive ce cher et vieux pays, la France ! »

Cérémonie des 40 ans du Puy du Fou. Le discours de Philippe de Villiers commence à 1 heure 36

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1 Commentaire

  1. Bruno ANEL

    Par la voix de deux de ses présidents, la France a reconnu la responsabilité de l'Etat dans la rafle du Vel d'Hiv. Quand reconnaitra-t-on le massacre des Vendéens ? Il y a longtemps que le mythe de la Révolution Française "à prendre en bloc" s'est fissuré, notamment sous l'influence de François Furet. Les Vendéens n'étaient pas plus "contre-révolutionnaires" que d'autres campagnes françaises comme le montrent leurs cahiers de doléances de 1789. Mais ils ne voulaient pas perdre leur âme.