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« Scouts d’Europe, fils de la chrétienté »

C’était cette année le thème du pèlerinage de Toussaint des Routiers, la branche ainée des Scouts d’Europe. Ce rassemblement national annuel s’est déroulé à Vezelay du 27 au 30 octobre dernier. 

Mais, qu’est-ce qu’un scout ? C’est un jeune garçon qui s’est résolument engagé à suivre le Christ dans un certain style de vie, en suivant l’idée d’un officier britannique du siècle dernier : Lord Baden-Powell. Et un Routier ? C’est pareil, mais en un peu plus vieux : 17 ans et plus. Mieux que par l’uniforme porté aux cours des activités, un scout se reconnait par son idéal, son sens du concret, son engagement quotidien à servir et surtout, par sa Joie. 

C’est ce dont nous avons pu être témoins, en marchant avec les différents Clans (oui, un Routier au pluriel, c’est un Clan). Parce que marcher vers Vézelay, ce haut-lieu de la Chrétienté, départ d’une route vers Saint Jacques de Compostelle, foyer de reliques de Sainte Marie-Madeleine et de différentes communautés religieuses, marcher vers cette « colline éternelle », c’est d’abord suivre l’idéal de tant de jeunes hommes portant l’uniforme, c’est marcher joyeusement, fermement, malgré le froid et la pluie, qui sont tous les deux bien présents ! Comme le dit le cérémonial du « Départ Routier »  1)l’engagement ultime des Routiers, mais qui est finalement un vrai départ, un commencement. : il faut « renoncer à son égoïsme, à son confort, à sa sécurité, rechercher ce qui est difficile et vouloir vivre rudement ».

Les Routiers ont commencé à marcher vers Vézelay à partir de vendredi midi sur différents tronçons répartis selon leurs régions d’origine. Sur le chemin, pas de plats préparés par maman chérie, pas d’hôtel : on cuisine sur un feu de bois, on dort sous la tente. La prière est simple : pendant le chapelet, lors des chants sur la route ou  durant la messe, elle jaillit des cœurs comme une flamme ardente. Chaque soir, une conférence est proposée avec des invités spéciaux : cette année monseigneur Emmanuel Gobilliard, évêque auxiliaire de Lyon et Etienne Villemain, co-fondateur de l’Association pour l’Amitié et de l’association Lazare. Ensuite avait lieu une veillée scoute composée de chants et de sketches, un moment essentiel du style de vie scout. 

Le dimanche soir, chacun des sept tronçons (composés chacun de trois ou quatre centaines de scouts) se rejoignaient au pied de la colline éternelle. Là encore, malgré la pluie, la joie et le bon esprit scout restaient présents. Une fois les tentes montés et le dîner pris, tous se sont dirigés vers la dernière veillée qui commençait sur le lieu de bivouac. Après un petit temps d’enseignement, les reliques de Sainte Marie-Madeleine, à la lueur des torches, vinrent à notre rencontre, portées par des Routiers. En les suivants nous nous sommes dirigés vers la Basilique en chantant et en priant le chapelet, entourés de torches enflammées. En voyant cette file interminable de jeunes hommes comment ne pas se sentir touché, comment ne pas se sentir profondément chrétien, en étant là, présent, pour l’amour du Christ ! 

Arrivé devant la basilique, les chants se succédèrent jusqu’à celui que tous attendent : le Kyrie des Gueux. Ce chant séculaire, écrit dans les tranchées, nous rappelle notre faiblesse : c’est une supplication adressée à Dieu, un chant de gueux, de mendiants de la grâce. Avant le dernier couplet, les Routiers Scouts frappent aux portes de la basilique avec leur bâton fourchu 2)littéralement : nos frères Routiers Scouts frappent la porte de la basilique de leurs bâtons dont la tête termine en Y : « image de la fidélité au sol ancestral et de l’ouverture du cœur » cérémonial du départ routier. « Ce soir chez le Bon Dieu / Entrez les Gueux ». Les portes s’ouvrent lentement et laissent entrer ces milliers de Routiers, gueux, mendiants de la grâce de Dieu. 

Dans la basilique les pèlerins sont accueillis par l’orchestre et le chœur du mouvement qui travaillent depuis longtemps pour eux. La veillée se poursuit jusqu’à minuit par l’Adoration du Très Saint Sacrement, pendant que les centaines de prêtres donnent le sacrement de Réconciliation, sans s’arrêter, dans toutes les langues : ce pèlerinage accueillant aussi quelques scouts étrangers. 

Le lendemain, le rendez-vous est donné dans la basilique pour le chapelet, puis la messe, présidée par Monseigneur Gobilliard. La basilique résonnait des voix joyeuses et viriles, et plus encore lors du chant final, hymne du pèlerinage et des routiers à Marie, Vierge des chemins de France. Après un rassemblement derrière la basilique, nous nous sommes séparés aux cris de « Ad Mariam, Europa ! » (A Marie, l’Europe !). Dans le cœur de chacun résonnaient ces paroles du départ routier : « Un routier scout qui n’a pas tout donné n’a rien donné ».

References   [ + ]

1. l’engagement ultime des Routiers, mais qui est finalement un vrai départ, un commencement.
2. littéralement : nos frères Routiers Scouts frappent la porte de la basilique de leurs bâtons dont la tête termine en Y : « image de la fidélité au sol ancestral et de l’ouverture du cœur » cérémonial du départ routier
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1 Commentaire

  1. Tomás

    Tout simplement magnifique! La foi des gueux, des pauvres, des mendiants. Dans ces chants viriles, on perçoit ce que Giussani disait sur la place Saint Pierre devant Jean Paul II: "Le vrai protagoniste de l'histoire est le mendiant. Le Christ mendiant du coeur de l'homme et l'homme mendiant du coeur du Christ". Merci Stéphane de m'aider à faire mémoire de ce pèlerinage à Vézelay et à être fidèle à cette expérience où la beauté de la foi a fait s'élèver du fond de mon coeur de doux murmures, la voix du Maître Divin mendiant le coeur de l'homme. Très belle fête de la Toussaint à tutti!