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La douce compagnie des saints

Récit d’une triple rencontre à la cité de l’Immaculée, couvent franciscain et sanctuaire fondé en Pologne par Saint Maximilien Kolbe en 1927. 

Traditionnellement les volontaires polonais se retrouvent avant l’été sur les pas de St Maximilien Kolbe pour un temps de formation. À cette occasion ils peuvent admirer la fécondité de ce grand saint surtout connu pour l’acte d’offrande de sa vie pour un père de famille à Auschwitz. Avant cela, il fut pendant près de quinze ans supérieur du couvent qu’il avait fondé à proximité de Varsovie, avec une pause pour lancer une autre « cité de l’Immaculée » au Japon. Lors de l’arrestation de Maximilien, le couvent comptait 800 frères.

Dans sa cellule restée intacte, nous sommes introduits pour un temps de recueillement par le frère Feliks dont le visage rayonne d’une bouleversante douceur. On pourrait l’imaginer rodé voir blasé par ces groupes continuels qui entrent dans cette chambre. Mais frère Feliks est surtout concentré sur celui à qui il vient rendre visite. 

Saint Maximilien, ami fidèle et intercesseur, voici des jeunes venus te rendre visite et trouver des forces auprès de toi. C’est avec un naturel déconcertant que ce vieux franciscain nous met en présence du martyre de l’amour. Le dialogue dont nous somme les témoins et bénéficiaires se poursuit. Mais soudain, quelqu’un d’autre semble s’être invité dans la cellule. Frère Felix nous met en présence d’une autre amie du ciel qui lui est particulièrement chère, la sœur Rose Wanda  Niewęgłowska. Née en 1926, cette orpheline élevée dans une institution étatique est très vite atteinte de toutes sortes de maladies incurables qui semblent s’additionner les unes aux autres pour introduire cette femme dans un calvaire qui durera 40 ans. Paralysée, tiraillée par la douleur, déclarée deux fois morte cliniquement, la sœur Rose prononcera de son lit d’hôpital les vœux de tertiaire de l’ordre de St Dominique, recevra l’autorisation de porter l’habit, et deviendra une porte ouverte vers le ciel pour les centraines de personnes venant la visiter pour implorer d’elle conseils et prières. Grâce à sa prière et ses demandes répétées à Jésus de pouvoir continuer à souffrir, guérisons miraculeuses, naissances inéspérées se succèderont à son contact. Amenée un jour en ambulance à Niepokalanow pour faire un pèlerinage à St Maximilien, c’est là que le frère Feliks fait sa connaissance. Une amitié se noue alors que le rappel à Dieu de Sœur Rose en 1989 ne semble point gêner. Depuis, frère Feliks remue ciel et terre pour obtenir sa béatification (officiellement autorisé par l’évêque de Lublin), fait célébrer des milliers de messe à cette intention, se rend des heures durant sur sa tombe pour converser avec elle, et recueille à cette occasion les témoignages la concernant. Au détour d’un modeste couloir en bois, pour notre petit groupe médusé, un véritable colloque entre ciel et terre.

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