Home > Arts plastiques > Fabienne Verdier, l’énergie en peinture (1/3)

Fabienne Verdier, l’énergie en peinture (1/3)

Comment devient-on peintre ? Fabienne Verdier y répond à travers une série d’entretiens publiés sur France culture la semaine dernière. L’artiste raconte son initiation à la peinture dès son enfance, avec son père, puis à l’école des Beaux-Arts à Toulouse. Nous la suivons en Chine où elle apprend l’art des lettrés, avant de revenir en France. Ses voyages en Suisse, en Italie, à Bruges, aux États-Unis, à Aix en Provence, au Canada sont autant de rencontres avec les paysages, la musique, les mots, les sciences. Un parcours intellectuel autant qu’artistique qui nous fait réfléchir sur l’acte de peindre et ses rapports avec les fracas du monde et les joies de la vie. 1)Cette série d’entretiens est produite par Jérôme Clément, réalisée par Christine Robert. Prise de son : Christophe Goudin. Attachée de production : Daphné Abgrall. Coordination : Sandrine Treiner

 

Premier voyage d’étude de Fabienne Verdier chez les Miao,1984 (Guizhou, Chine) • Crédits : Archives F. Verdier

 

Premier épisode : De Toulouse a Chongqing

Dans ce premier épisode, Fabienne Verdier raconte son enfance après la séparation de ses parents et la vie avec son père qui l’initie à la peinture dans les Pyrénées. Elle entre à l’école des Beaux-Arts à Toulouse. Aînée d’une famille de cinq enfants, Fabienne Verdier vit douloureusement la séparation de ses parents. Chez son père, elle vit à Paris dans une péniche aux pieds du musée d’Art Moderne. Il l’initie à la peinture, au monochrome d’Yves Klein et aux expansions de Cesar : « Ça été un vrai choc pour moi de faire du patin à roulettes autour du Pouce de Cesar, de voir toutes ces expositions au Musée d’Art Moderne. Je commençais à peindre avec un petit chevalet sur les quais. J’avais 6 ans » .

Fabienne Verdier part ensuite dans les Pyrénées et y vit isolée à la campagne. C’est un apprentissage rude, avec son père, avant de rentrer à l’école des Beaux-Arts de Toulouse où elle refuse de s’enfermer dans les codes académiques : « Aux Beaux-Arts, je m’ennuyais beaucoup. On nous demandait de peindre l’esprit du vivant à travers un buste mort… Mais comment peindre l’âme humaine à travers un buste immobile en plâtre... »

Elle s’intéresse aux structures internes des êtres vivants, au Museum d’histoire Naturelle, ainsi qu’aux formes de l’écriture. Déjà la calligraphie surgit qui la conduira vers la Chine… : « Je me suis dit si j’arrive à comprendre le squelette intérieur, capter l’esprit du vivant, je pourrais transmettre ce qui l’anime, c’est-à-dire ce mouvement spontané ».

Ecouter ici le premier entretien

 

Le vieux maître Huang, la peinture et l’art du trait

Fabienne Verdier part pour la Chine grâce à Dominique Baudis, maire de Toulouse qui lui a accordé une bourse. Elle passe dix ans à partir de 1982 à se former à l’art du trait, dans la ville de Chongqing, à l’école des Beaux-Arts. Traitée comme une étrangère de marque, elle vit très seule, sans contact avec les autres élèves. « Je suis bien accueillie par les autorités de cette école d’art mais très vite isolée, avec interdiction d’avoir des relations avec le milieu étudiant. (…) Ma chambre d’études était dans un bureau du parti, sous haute surveillance, avec des barreaux aux fenêtres. »

 

Fabienne Verdier en compagnie des Yi dans les années 80 en Chine Crédits : Archives personnelles Fabienne Verdier

 

Elle apprend le dialecte du Sichuan, la culture chinoise, et surtout à peindre le pinceau à la verticale et non sur un chevalet, ce qui lui fait découvrir des techniques nouvelles et notamment l’écoulement de l’encre : « J’étais fascinée par cette possible écriture d’une expression plus vitaliste par l’écoulement de l’encre. (…) C’est le vieux Huang qui m’a poussée à cultiver cet art de la calligraphie

Le livre de Shitao « Propos sur la peinture du moine citrouille amère », l’accompagne durant toute cette période où elle réussit à devenir l’élève du vieux Maître Huang qui lui apprend notamment l’art de peindre dans l’énergie spontanée. « Le vieux Huang m’a dit : ‘Je vois qu’il serait bon de te transmettre nos connaissances mais sache que ça va être long et difficile. Je veux bien prendre ce risque et demander des autorisations officielles mais il te faudra accepter de me suivre pendant ces dix années ou je préfère ne pas me lancer’ ».

L’UN Hommage posthume à Maître Huang, 2007 Acrylique et technique mixte sur toile 183 x 366 cm • Crédits : ADAGP Paris 2019

 

Ecouter ici le deuxième entretien

 

Le site de Fabienne Verdier

Article et émissions tirés du site France culture. Source 

References

↑ 1. Cette série d’entretiens est produite par Jérôme Clément, réalisée par Christine Robert. Prise de son : Christophe Goudin. Attachée de production : Daphné Abgrall. Coordination : Sandrine Treiner
Vous aimerez aussi
Fabienne Verdier, l’énergie en peinture (3/3)
Fabienne Verdier, l’énergie en peinture (2/3)
Saisir l’instant en un trait
Toute chose est lourde de lumière