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En Roumanie, dans la nuit la plus longue, la nuit de Noël, et les jours qui suivent la Nativité, les Colindatori passent de maison en maison pour annoncer « le Soleil Levant envoyé par le Très-Haut » (Răsăritul Cel de Sus). On leur ouvre les maisons et leur offre à manger, avant qu’ils ne reprennent leur route. Témoignage de cette aube nouvelle dans les cœurs.

 

Photo : Source

 

On entend chanter. Une dame déjà âgée, debout, entourée de quelques enfants, écoute dignement. Elle a demandé le chant de son enfance : « Afară ninge liniştit ». Elle est vêtue simplement, la tête coiffée d’un foulard. On contemple son attitude, on devine que ce chant est plus qu’un simple chant. Elle est grave. Il semble rejoindre son âme.

 

« Dehors, il neige doucement »,(Afară ninge liniştit) interprété par Ștefan Hrușcă, l’un des colindator roumains les plus connus.

 

Plus loin, c’est un homme tout pauvre, au visage disgracié qui s’accoude près du lavoir où nous chantons. Il se penche pour regarder, en essayant de ne pas être vu. Et lorsqu’on lève les yeux vers lui, déjà, il a fui… Pourtant, la nouvelle de Noël est pour lui aussi.

Dans cette maison, où nous attend une famille entière, un jeune homme demande « Aseară pe-nserate » et la Vierge Marie, fatiguée du long voyage, vient trouver abri dans cette cabane, qui n’est pas sans rappeler la crèche, pour donner naissance au grand roi, sur du foin sec, entourée de bétail… Et ce jeune gaillard remercie, pour ce chant qu’il trouve si beau qu’il en est tout ému.

 

« Hier soir, alors que la nuit tombait » (Aseară pe-nserate) chanté par Sava Negrean Brudascu.

 

Et cette petite fille, calme, qui parle si peu,  qui a les yeux tout brillants parce que l’on vient chanter chez elle, justement, dans sa maison… ici vient aussi le salut ! « Domn, Domn să-nălțăm » !

 

« Louons le Seigneur » (Domn, Domn să-nălțăm), chanté par un chœur d’enfants.

 

Il y a également ce monsieur qui quitte sa télévision et passe dans la pièce d’à côté, parce qu’en entendant chanter, quelque chose en lui s’est éveillé ; une nouvelle fraîcheur a surgi, son cœur s’est mis en mouvement, il s’est souvenu, il s’est mis debout : un événement s’est produit…

Ailleurs, ce sont quelques voix, presque fragiles, sans ornements, sans instruments, -beauté épurée qui réside toute dans l’intention de faire plaisir, de réchauffer- qui résonnent au pied d’un bloc d’immeuble, signe que cette nuit n’est pas une nuit ordinaire. Des cœurs se réjouiront. Oui, malgré les apparences, au-delà des circonstances, cette nuit est différente ! Plus haut, une fenêtre s’ouvrira, et quelqu’un remerciera pour ces mélodies annonciatrices de joie et le lendemain, le prêtre, à l’Église, en parlera encore : hier, dans la nuit, Noël a été annoncé et l’espérance s’est réveillée.

Et là encore, devant la porte de cette belle maison, une bougie allumée est signe de bienvenue. Ici, les Colindatori seront reçus et l’Enfant accueilli, le Saint qui les envoie [1]Référence à un colinde plus récent, « Vin colindătorii », du célèbre Tudor Gheorghe, qui inclut des références politiques, à l’époque communiste notamment . Et comme il convient, ils seront reçus à table alors que leur hôte leur dira : « Vous êtes à la place des anges qui annoncent la bonne nouvelle de la naissance de Dieu, ce chant est une mission ».

 

« Vin colindătorii », du célèbre Tudor Gheorghe

 

Peuple roumain, garde tes colinde, comme Marie gardait tous ces évènements en son cœur ! Chérit-les, continue de les transmettre comme ils ont été transmis de génération en génération, enrichis par l’histoire, témoins de la beauté de ta culture, imprégnés de tes traditions. Garde la mémoire de la grande joie annoncée par les anges, garde la mémoire de l’événement chrétien qui te constitue. Et peut-être qu’un jour pour toi, la porte du Ciel s’ouvrira comme se sont ouvertes les portes dans la nuit de Noël, parce que, tout simplement, tu auras uni ta voix à celle des anges, tu auras fidèle à l’annonce de Noël !  

 

Concert de colinde traditionnels « Răsăritul cel de Sus »

References

1 Référence à un colinde plus récent, « Vin colindătorii », du célèbre Tudor Gheorghe, qui inclut des références politiques, à l’époque communiste notamment
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