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Reine des Deux-Siciles et Bienheureuse, ce sont les titres que porte maintenant Marie-Christine de Savoie. Nous pourrions penser qu'ils sont incompatibles ou que l'un écarte l'autre. Mais ce samedi, dans la Basilique Sainte-Claire à Naples, elle sera béatifiée et donnée comme exemple de charité ardente, d'amour inconditionnel, de responsabilité qui l'ont menée à être connue de tout le royaume comme la "Reine Sainte".

Marie-Christine naît en Cagliari en 1812, où sa famille s'était réfugiée à cause de l'invasion napoléonienne. Dernière de trois filles, elle suit les déménagements qui commencent, en premier à Nice pour finir à Gênes, après la mort du père.
Petite, apparaissent deux caractéristiques qui marqueront sa personnalité : une force d'esprit hors du commun et une grande foi. Marquée par l'Année Sainte qui se déroule à Rome où elle rencontre à plusieurs reprises le Saint Père, elle attire constamment l'attention de tous par ses qualités et sa beauté.

Après la mort de sa mère, elle est appelée par le Roi Carlos Alberto à Turin, à la cour. Là croît son désir d'être religieuse cloîtrée, mais malgré son caractère fort, écoutant l'avis de son directeur spirituel et du Roi, elle accepte de se marier avec Ferdinand II, des Deux-Siciles.

A ce moment-là, elle dira : "Je ne sais comment j'ai pu changer d'opinion et dire "oui" alors que j'étais totalement inclinée vers la vie religieuse. Je ne peux que le voir comme la volonté de Dieu."

A l'arrivée de Marie-Christine à Naples, la cour se rendit compte que Ferdinand n'avait pas seulement à ses côtés une Reine, mais une conseillère de grande valeur. Le peuple napolitain acclamait déjà sa générosité : N'était-ce pas elle qui, comme cadeau de mariage, avait donné sa dot à 240 jeunes femmes napolitaines qui ne pouvaient se marier ? N'était-ce pas elle qui, avec le reste de ses cadeaux, avait payé l'emprunt de tant de gages au Mont de Piété.

La pluie qui avait accueilli les nouveaux époux dans le port le jour de leur arrivée, avait été compris par beaucoup comme un signe de prospérité, pas seulement pour eux, mais aussi pour tout le Royaume.

Petit à petit, Marie-Christine a conquuis la cour de Naples, avec sa délicatesse et sa constance.

La première qui sentit le changement, fut sa belle-mère qui avait depuis longtemps une relation difficile avec son fils. La patience et la délicatesse de Marie-Christine ont permis que soient de nouveaux unis la mère et le fils.

Peu à peu, son exemple de foi et de cohérence se propagea dans toute la cour, qui n'était pas particulièrement connue pour sa bonne conduite.

Ainsi, la prière et en particulier la Messe, furent introduites dans la vie de la cour et il n'était pas rare de voir les souverains cheminer dans le centre de Naples, dans de grandes capes et sous de larges chapeaux, visiter l'église du Jésus Vieux, où ils allaient demander à la Vierge la grâce d'un fils et écouter les conseils du déjà renommé Père Placido Berchet.

Mais ce ne fut pas la seule chose qui marqua le règne de Marie-Christine à Naples. Elle avait le souci de porter une plus grande attention aux pauvres et aux condamnés à mort. Elle sauva ainsi la vie de beaucoup de condamnés à mort, même à l'un d'entre eux qui avait attenté à la vie de son époux. L'échafaud, pendant les trois ans de règne, ne fut pas utilisé. La loi la plus grande pour la "Reine Sainte" était la Miséricorde.

Avant chaque conseil d'Etat, Ferdinand priait avec sa femme trois Ave Maria, invoquait l'Esprit Saint et recevait d'elle une bénédiction. Pendant que se déroulait le conseil d'Etat, Marie-Christine continuait de prier dans la chapelle du Palais royal.

Le Roi se souviendra, ému, de ces moments, et dira que beaucoup de décisions justes et prudentes étaient dues à son épouse.

Un autre domaine qui attira l'attention de la Reine fut le travail, en particulier celui des femmes. Elle créa pour cela la "Colonia San Leucio" qui se dédiait à la production de soie qui était exportée dans toute l'Europe.

Le statut de cette "Colonia" était très avancé pour l'époque : droits héréditaires égaux pour les hommes et les femmes, éducation scolaire obligatoire, gestion collective du travail et des bénéfices, maison pour les orphelins, etc.

Marie-Christine était la première à utiliser la soie de San Leucio pour ses vêtements, et fut ensuite imitée par de nombreuses personnes des cours européennes.

En 1835, arrive enfin le fils tant désiré. Ils l'avaient espéré et demandé. Mais cette joie fut teintée de douleur à cause des difficultés des derniers mois de grossesse. Le 16 janvier 1836, naît l'héritier du trône, mais la mère souffre d'une infection généralisée. Le 31 du même mois, elle demande à embrasser une dernière fois son petit François, en disant au roi : "Maintenant tu répondras de lui devant Dieu et le peuple… quand il sera grand, tu lui diras que sa mère est morte pour lui."

Elle avait 23 ans quand, au milieu de la consternation générale, elle quitta cette terre. Elle avait cependant marqué profondément non seulement la cour mais aussi tout un peuple. Elle n'avait été reine que 3 ans, mais à cause de sa présence, sa générosité et sa sainteté, elle fut toujours acclamée comme la "Reine Sainte".

Aujourd'hui, 178 ans après sa mort, son exemple se présente à tous comme celui du "bon intendant fidèle" dont parle le livre de l'Apocalypse.

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1 Commentaire

  1. Guido

    ¿Cómo se puede hacer tanto bien en tan poco tiempo? Gracias, Mauricio, por tu linda reseña. Cuando tuve la dicha de visitar contigo su iglesia, no caí en la cuenta, como de costumbre, de la belleza que tenía delante.