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Les dix commandements selon Benigni

Mardi en Italie, il ne fallait inviter personne à dîner. La réponse était systématique : « Pas ce soir, il  y a Roberto Benigni à la télévision ». Presque 10 millions d’Italiens, et beaucoup en famille, ont regardé deux soirs durant, sur le canal Rai1, le grand acteur expliquer les dix commandements.


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Ce monologue dans le style benignien, enthousiaste et sérieux à la fois, ne laissait aucune place à l’ironie ou à l’amertume. Bien au contraire, il présentait la beauté et la grandeur de ce fondement de l’histoire sainte.

Vérité, respect, lutte contre l’individualisme, attention aux autres, le célèbre comédien rendait les choses faciles à entendre. L’humour était au rendez-vous : le fameux « tu ne voleras pas » n’aurait, selon lui, pas été écrit en hébreu, mais bien directement en italien « parce que c’était pour nous ». Mais derrière tout cela, une certitude : « Dieu existe ».

Dans une Europe qui le nie, l’oublie et le laisse en marge de la place publique, Benigni affirmait : « Je ne permettrais jamais de parler deux heures de quelqu'un qui n'est pas là. S'il n'est pas là, nous l'attendons, il y a trois fauteuils réservés et lui ne veut pas être tape à l'œil : faites comme si je n'existais pas, dit-il toujours. »

Et Benigni a en effet demandé au début de l’émission dix secondes de silence car c’est dans le silence que se cache Dieu.

Pour expliquer les commandements, tout le monde était convié : de saint Augustin à saint Thomas d’Aquin en passant par saint Jean de la Croix et tant d’autres écrivains, théologiens et poètes. Il ne s’agissait pas tant de répondre du point de vue de la morale à une Italie qui souffre de la crise et du manque d’espérance, que de permettre à chacun de redécouvrir son âme : « La santé de notre âme nous concerne profondément. Notre âme a besoin d'être nourrie comme notre corps et il n'y a rien de plus salutaire pour l'âme que de parler de Dieu, de l'éternité, de l'infini. »

Incroyable liberté d’une Italie qui ne manque pas de grandeur en cette fin d’année 2014. Elle remet chacun devant les questions essentielles pour commencer l’année 2015 avec un regard ouvert sur l’horizon, un horizon à saveur d’infini.

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