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R.I.P., Moy-Moy, Rest In Peace ! Jamais des mots n’auront été si appropriés pour ce gamin des rues que nous avons eu l’immense privilège d’accompagner jusqu’à la mort. Arwin, alias Moy-Moy, a donné sa vie pour les siens. Il a rendu l’âme le 23 mars dernier, tout juste avant d’entrer dans la semaine sainte comme pour préparer nos cœurs à vivre le Mystère de Pâques. Son enterrement, qui a eu lieu à l’aube de l’octave pascale, est un signe évident qu’il est déjà à compter parmi les saints du Ciel ! Resuscito. Alléluia !

Sa croix fut bien lourde à porter : un pauvre père absent, en prison, une mère instable et trop souvent droguée, la maladie, une longue agonie. Aîné d’une fratrie de quatre, Moy-Moy se devait de prendre soin des siens en travaillant dur pour gagner le riz quotidien. Même rongé par une tuberculose galopante qui déformait ses membres atrophiés, il s’est évertué avec courage et Foi à servir sa famille, tout spécialement sa petite sœur Maï-Maï (5ans) pour qui il avait une affection sans bornes. Un jour, alors qu’il était à bout de souffle dans un hôpital gouvernemental de Manille, sous oxygène, mal en point, il n’eut d’autre préoccupation que d’offrir son repas à sa grand-mère venue lui rendre visite. Et celle-ci de nous confier en larmes : « Il a toujours tout donné. Il a offert toute sa vie pour nous ! »

A l’heure de la mort, au moment de remettre son esprit, Moy-Moy a tout simplement soufflé ces mots : 

« Appelez mes amis de Points-Cœur » comme le « J’ai soif » (d’Amour) du Christ à la croix. Puis s’adressant à sa grand-mère qu’il aimait comme sa maman : « Promet-moi de prendre bien soin de Maï-Maï », comme le « Femme, voici ton Fils » de Jésus au Golgotha. Enfin, « je n’en peux plus » comme son « Tout est accompli ». Et il expira.

Le lendemain, lorsque l’évêque en personne vint se mettre à genoux devant sa dépouille et bénir son corps sans vie, j’entendis une voix qui disait : « Vraiment, il était grand ce petit ! ». Et ils reconnurent.

Au jour de son dernier adieu, une nuée virevoltante d’enfants des rues tous de blanc vêtu, comme c’est la tradition ici, est venue accompagner Moy-Moy jusqu’en sa dernière demeure. Portant dignement le cercueil blanc, leurs larmes se mêlaient à leur crasse faisant resplendir leur cœur ému par le sacrifice de leur copain. Dans un silence presque religieux, une vieille tante est alors venue me glisser à l’oreille comme le testament d’Amour de Moy-Moy : « Très souvent, il parlait de vous, ses amis de Points-Cœur. Il disait que lorsqu’il n’en pouvait plus, il pensait à vous car il se savait chéri du Bon Dieu à travers votre amitié indéfectible pour lui.  Et cela lui donnait vie disait-il ! ».

​​​​​​​Rest In Peace !

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4 Commentaires

  1. Emmanuelle

    Merci pour ce témoignage si édifiant! La sainteté n'a pas d'âge! Deo gratias pour tout ce qu'il a fait dans la vie de ce petit qui a tout donné!